Mademoiselle Zallinger

Couleur, 17’, 2017
Réalisation : Prunelle Rulens dit Rosier
Scénario : Prunelle Rulens dit Rosier
Image & Son : Prunelle Rulens dit Rosier
Montage image : Méline Van Elbrouck
Montage son : Julie Brenta
Mixage : Simon Jamart
Production : Dérives

Soir de spectacle. Sur scène, Denis Lavant interprète l’épouvantable Herrenstein dans Élisabeth II, une pièce de Thomas Bernhard. Mais dans les coulisses, Delphine Bibet, dans le rôle de Mademoiselle Zallinger, tient le premier rôle pour la caméra. Loin des projecteurs, invisible pour les spectateurs, le travail de la comédienne est mis au jour et à nu par le miracle du cinéma. Le film brouille les conventions habituelles de captation de la représentation théâtrale.
En filmant l’action scénique à travers des coulisses latérales, la cinéaste montre avant tout une actrice en action, et plonge le spectateur dans l’univers mental « étendu » de son personnage. Le film met donc en crise les repères sensitifs qui s’articulent selon les conventions habituelles de captation de la représentation théâtrale (notamment la frontalité) car le sujet est en l’occurrence déplacé. Une tension forte entre le rendu de « l’œil » du spectateur du film (ce qui est donc vu à l’écran) et le rendu de « l’œil » du spectateur de la pièce de théâtre (que le spectateur du film ne peut qu’imaginer) naît subrepticement pour croître au fur et à mesure du temps cinématographique.
La comédienne Delphine Bibet, par ailleurs à l’écoute constante de la scène, est filmée au plus près : ses rites, baignés de mélancolie, sont enregistrés dans les coulisses en un jeu de clair-obscur très délicat tandis que les lumières du plateau théâtral inondent parfois son personnage. Un moment très saisissant du film est la captation de cette performance de l’actrice dont les doigts frappent un clavier de piano inexistant, rapport imaginaire à une musique classique intradiégétique.

Prunelle Rulens dit Rosier
Après une formation en interprétation dramatique à l’INSAS, Prunelle Rulens joue au théâtre dans les créations de différents metteurs en scène (Aurore Fattier, Vincent Sornaga, Julie Annen, Agathe Chion, Chloé Spoto...) tout en prêtant aussi sa voix pour le doublage de différents films. Parallèlement, elle développe un travail photographique et plastique personnel. S’intéressant de plus en plus au corps, à l’espace et aux objets, elle s’oriente vers la création des costumes et la scénographie. Elle travaille alors en collaboration avec Simon Siegmann, Marie Szersnovicz et signe la création de plusieurs spectacles. Mademoiselle Zallinger, produit par l’Atelier Dérive, est son premier film documentaire.