Sow, Ousmane : Ousmane Sow

Couleur, 26’, 1996
Réalisation : Béatrice Soulé
Production : Centre Pompidou, ARTE et Canal +
Pays : France

Un film construit comme une lettre ouverte envoyée par la réalisatrice au sculpteur sénégalais Ousmane Sow. Béatrice Soulé prend la parole pour s’adresser à l’homme et à l’artiste. Aussi son film n’est ni une biographie, ni une analyse des oeuvres mais un accompagnement affectif qui interroge les deux sans utiliser les paramètres classiques du film sur l’art. Et pourtant tout est dit, le plus fort étant le rapport très personnel qu’Ousmane Sow entretient avec ses sculptures. D’abord il y a le matériau qu’il emploie fait de terre, de pigment, de lambeaux de tissu, amalgame mystérieux et jamais vraiment codifié qu’il a lentement et longuement élaboré. Ensuite les sujets qu’il traite assumés par de grandes statues qui montrent la vie quotidienne en Afrique ainsi que l’histoire et les souffrances de ce continent représentées dans des sortes de tableaux vivants. Ces groupes monumentaux, ces personnages impressionnants sont mis en scène pour témoigner des gestes ancestraux, transmettre la mémoire de l’Afrique. Il a ainsi créé tout un univers de statues géantes où les Peuls, les Noubas, les Zoulous, les Massais, bergers, pasteurs, guerriers, comme des personnages "viennent librement nous raconter des histoires" .

Ousmane Sow (1935-2016)
Vit et travaille à Dakar. Il n’est venu à la sculpture qu’à l’âge de 50 ans après avoir exercé dans la banlieue parisienne le métier de kinésiste. Depuis, son travail, commencé en 1984 par la série des guerriers Noubas, circule dans le monde entier : il a participé à la Dokumenta de Kassel., à la Biennale de Venise et il est célèbre à New York, au Japon, etc. Il est également l’auteur d’un film d’animation et il rêve de pouvoir en faire d’autres.

Béatrice Soulé
Depuis 1981, Béatrice Soulé produit des documentaires musicaux dont elle est l’auteur (Youssou N’Dour - L’étoile de la Médina - Shadow Man - Johnny Clegg). Elle crée aussi des événements télévisuels dont elle assure la production : Le Premier Rêve de l’Arche, à l’Arche de la Défense pour le Bicentenaire de la Déclaration des Droits de l’Homme et
du Citoyen en 1989, et L’Eté de Prague, première fête de la musique à Prague en 1990. En 1991, elle produit les trente films "Contre l’Oubli" à l’occasion du trentième anniversaire d’Amnesty International et reçoit la Rose d’Or de Montreux pour son film "Silences". Depuis 1988, elle a réalisé : "El Cabrero", "le chant de la Sierra", "Higelin s’en va-t-en rêve", "Djabote", "les Négresses vertes", "Léopold Senghor" (pour la série "Un siècle d’écrivains").