Rameau, Jean-Philippe : Les Indes Galantes

Couleur, 5’20, 2017
Réalisation : Clément Cogitore
Chef opérateur : Sylvain Verdet
Cadreur  : Nicolas Eveillean
Montage : Felix Rehm
Montage son  : Antoine Bertucci
Mixage  : Tristan Lhomme
Etalonnage : Laurent Ripoll
Production : Les Films Pelléas, l’Opéra National de Paris

Le film de Clément Cogitore est un diamant noir et brut qui explose au visage avec beauté et sauvagerie. Une éruption de cinq minutes, montre en main.
Sans que nous le sachions au départ, nous sommes sur le plateau de l’Opéra Bastille. Un groupe d’individus à capuches forme un cercle dense, au centre duquel des danseurs passent à tour de rôle sur la musique de Jean-Philippe Rameau écrite au XVIIIe, Les Indes Galantes. Télescopage percutant, de style, d’époque, d’univers qui aboutissent à la fusion. La danse qui se déroule sous nos yeux ébahit, c’est du « krump », un sous-genre radical du hip-hop, né dans les ghettos noirs de Los Angeles, fin 1990, en réaction aux provocations et arrestations policières. Danse guerrière, baroque à sa façon, expressive, frénétique, que Clément Cogitore filme avec une force inouïe.
Produit par l’Opéra de Paris dans le cadre de sa plateforme en ligne 3e Scène, ce diamant confirme l’extrême talent du jeune cinéaste mais aussi la force du travail chorégraphique de Bintou Dembele, Grichka et Brahim Rachiki.

Clément Cogitore
Après des études à l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg, et au Fresnoy - Studio national des arts contemporains, Clément Cogitore développe une pratique à mi-chemin entre cinéma et art contemporain. Mêlant films, vidéos, installations et photographies, son travail met en scène le rapport que nous pouvons entretenir au sacré, à sa dimension ritualisée, dans et par un regard porté sur le monde et son énigme : la nuit originelle du cinéma rejoint la nuit secrète de nos faits et gestes. Son oeuvre est donc à la fois porteuse d’une réflexion sur la visibilité, la place de l’homme dans le monde qu’il façonne, et son ancrage politique dans les espaces qui le conditionnent. Ainsi, en 2015, son premier long métrage Ni le ciel Ni la terre mettait en scène, par la fiction, une quête métaphysique de sens dans un monde en guerre. C’est dans cette perspective qu’il faut aussi découvrir Braguino ou la communauté impossible : Cogitore décrit des points de bascule entre des seuils de civilisation et de croyance.
Ancien pensionnaire de l’Académie de France à Rome-Villa Médicis, ses films ont été sélectionnés dans des festivals internationaux (Cannes, Locarno, Lisbonne, Montréal...) et ont été récompensés à plusieurs reprises. Son travail a également été exposé au Palais de Tokyo, au Centre Georges Pompidou, à la Haus der Kulturen der Welt de Berlin, ou encore au Museum of fine arts de Boston et au MoMA de New-York.