Le siècle de Cartier-Bresson

Le siècle de Cartier-Bresson

  • 52'
  • 2013
  • VF
Réalisation : Pierre Assouline

Mixage son : Laurent Thomas | Montage : Michèle Hollender | Production : Cineteve, Arte France, Fondation Cartier-Bresson, INA, avec la participation du CNC | Pays : France

  • 52'
  • 2013
  • VF

Résumé

Pierre Assouline met en scène, sous nos yeux, le travail d'Henri Cartier-Bresson (entre photographies, films d'actualités et reportages), tandis que la voix off du photographe le commente.

Avis

Sur des photographies et des planches du photographe, le réalisateur balade sa caméra, zoome, voyage à la recherche d’un détail, tandis que Cartier-Bresson les commente et raconte son travail. Les photographies traversent l’écran, la plupart en noir et blanc. Quelques films d’informations tournés pour le cinéma, quelques reportages réalisés par Henri Cartier-Bresson lui-même s’insèrent dans ce ballet. Et, rarement dans l’écran construit en split-screen, le photographe apparaît de dos, face à sa fenêtre, à côté de ses photographies mises en regard dans le cadre. Se figure alors l’origine de cette voix presque omniprésente tout au long du documentaire. Pierre Assouline remonte le temps, les études, les voyages, feuillette à travers les photos toute une vie que l’homme commente rapidement, parfois même avec une certaine désinvolture, comme si se raconter ne l’intéressait pas. Sur son travail de photographe, Cartier-Bresson est plus prolixe, interrogeant son art à l’aune de questions techniques, éthiques et philosophiques avec beaucoup de simplicité. Dans l’objet construit à l’écran, entre les photographies qui défilent et la voix du photographe, se reforme un peu artificiellement cette division entre l’appareil photo, prolongement de l’œil, et l’objet du regard, ce qu’il capture, arrache à l’éternité dans l’instant immédiat. Et cette passion de la photographie, cette joie de l’instant présent, Cartier-Bresson - qui se définit comme un libertaire - la porte en bandoulière comme une philosophie de vie. Quant à sa parole, elle vient flotter sur les photographies comme des bouts de pensée, sortes d’éclats isolés d'un discours plus rationnel. Il ne s’agit pas là de saisir tout un témoignage ni même un discours articulé, mais d’arracher aussi quelques pensées, notions, paroles au discours, de la même manière que sur le temps du monde, la photographie témoigne de moments. Avec une certaine sobriété, 'Le Siècle de Cartier-Bresson' réussit à rejoindre l’univers du photographe qu’il nous dévoile et à nous faire mesurer toute la beauté de son œil toujours sur le vif, impatient, jouisseur et dévoreur, témoin de son temps donc.

Henri Cartier-Bresson 1908-2004France
Véritable mythe de la photographie, Henri Cartier-Bresson est le témoin des évènements majeurs de son temps et marque l’art de son idée de "l’instant décisif". C’est lors d’un séjour en Côte d’Ivoire qu’il décide de devenir photographe, il parcourt alors la planète de long en large et ramène des images tragiques de la guerre civile espagnole. Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier mais s’évade bientôt pour rejoindre la résistance. Il couvre la libération de Paris, les prisonniers ou les femmes rasées, des portraits dépouillés mais saisissants d’émotion. Voyageant de la Chine à Moscou, Henri Cartier-Bresson dit tenir "son journal de bord non avec des mots mais avec des images". En 1947, il fonde avec Robert Capa, David Seymour et Georges Rodger la légendaire agence Magnum.
Pierre Assouline °1953France
Né au Maroc, Pierre Assouline y passe son enfance avant de revenir en France. Après des études à l’Université de Nanterre et à l’École des Langues orientales, il devient journaliste. Il travaille d’abord pour différentes agences de presse avant d’intégrer l’équipe du Quotidien de Paris puis de France-Soir. À partir des années 1980, il intègre la rédaction du magazine Lire dont il devient directeur de la rédaction en 1993. Producteur et scénariste, il réalise une première fiction en 2003. 'Le siècle de Cartier-Bresson' est son premier documentaire .
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