Jean-Michel Othoniel, le trésor d’Angoulême

Un film de Gilles Coudert et Damien Faure (2016, 52′)
‘Le Trésor de la cathé­drale d’Angoulême’, com­men­cée en 2008 et ter­mi­né en 2016, est une œuvre monu­men­tale de l’artiste Jean-Michel Othoniel qui met en scène plus de 200 objets et sculp­tures litur­giques datant pour la plu­part du XIXe siècle. Ce pro­jet est une com­mande de la Drac Nouvelle-Aquitaine. Le film de Gilles Coudert et Damien Faure nous fait vivre l’aventure du Trésor à tra­vers la parole de Jean-Michel Othoniel et la ren­contre dans leur ate­lier, des Maîtres d’art qui l’ont éla­bo­ré avec lui. Des déci­sion­naires aux nom­breux arti­sans, tous témoignent du long pro­ces­sus de cette réa­li­sa­tion majeure.

À l’occasion de l’exposition ‘Jean-Michel Othoniel, le Théorème de Narcisse’ au musée du Petit Palais à Paris (22/09/2021 – 02/01/2022).

 

Trains & Tracks II

Dans le cadre d’ Europalia 2021 consa­cré au che­min de fer et de l’exposition ‘Trains & Tracks’ qui a lieu aux Musées royaux des Beaux-Arts (15/10/2021 – 15/02/2022).

Papillon de nuit de Raoul Servais (1997, 8’)
Un conte poé­tique et noc­turne direc­te­ment ins­pi­ré par l’u­ni­vers du peintre Paul Delvaux.

Calatrava, Dieu ne joue pas aux dés de Catherine Adda (2000, 52′)
Sur le plus grand archi­tecte des gares qui a réa­li­sé notam­ment celle de Liège-Guillemins. 

Delvaux, le somnambule de Saint-Idesbald

Un film d’Adrian Maben (1986, 68′)
Au fil des rails de che­min de fer, des petites gares de pro­vince de Belgique, des places et des fau­bourgs rési­den­tiels de Bruxelles, ce film nous pro­mène dans les lieux intimes du peintre belge Paul Delvaux (1897 – 1994). Celui-ci égrène avec sim­pli­ci­té les sou­ve­nirs de ses rêves d’en­fant et de sa vie quo­ti­dienne, qui consti­tuent le décor de ses tableaux oniriques.

Dans le cadre d’ Europalia 2021 consa­cré au che­min de fer et de l’exposition ‘Trains & Tracks’ qui a lieu aux Musées royaux des Beaux-Arts (15/10/2021 – 15/02/2022).

Trains & Tracks

Dans le cadre d’ Europalia 2021 consa­cré au che­min de fer et de l’exposition ‘Trains & Tracks’ qui a lieu aux Musées royaux des Beaux-Arts (15/10/2021 – 15/02/2022).

Manet, Monet, la gare Saint Lazare de Danielle Jaeggi (1998, 26′)

Incarnation de la moder­ni­té, la gare Saint-Lazare dans le quar­tier de l’Europe, à Paris, est, au cours des années 1870, un sujet de choix pour les peintres comme Manet, Monet, Caillebotte… Chacun adopte un regard dif­fé­rent sur ce quar­tier nou­veau, élé­gant et cos­mo­po­lite qui révèle les dif­fé­rentes ten­dances de l’im­pres­sion­nisme. Ce film nous invite, à tra­vers un ensemble de pein­tures du XIXe siècle, à redé­cou­vrir les rues du quar­tier de l’Europe et de la gare Saint-Lazare.

Les Jardins sus­pen­dus de la High Line à New York de Stéphane Carrel (2017, 26′)

La pro­me­nade sur­plom­bant New York sur l’emplacement d’une ancienne voie de che­min de fer.

Goya

Une séance avec deux films sur l’ar­tiste espa­gnol Francisco Goya, après les expo­si­tions du musée des Beaux-arts d’Agen (03/11/2019 – 10/02/2020), du musée du Prado de Madrid (20/11/ 2019 – 16/02/2020), et pen­dant l’exposition de la Fondation Beyeler de Bâle (10/10/2021 – 23/01/2022).

Goya ou la luci­di­té de Jean-Paul Fargier (2001, 26′)

El dos de mayo, 1814, Goya de Carlos Franklin (2017, 26′)
 

Chaïm Soutine

Un film de Valérie Furla (2007, 52′)
Un hom­mage au génie de Soutine à tra­vers sa vie et son œuvre. Ce film est une tra­ver­sée du Montparnasse des années folles, de sa misère, de ses fêtes, de son incroyable cli­mat de créa­tion et de recherche artis­tique. Il nous mène aus­si dans les régions du midi de la France si pri­sées par les peintres de ce début de siècle. Soutine, homme soli­taire et intro­ver­ti, entiè­re­ment dédié à son œuvre côtoie les peintres de l’École de Paris : Modigliani, Chagall, Kikoïne … Puis au som­met de son art, il ren­contre enfin le suc­cès ; si la vie lui est moins dif­fi­cile désor­mais, il reste tou­jours cet homme malade et intran­si­geant qu’il a tou­jours été.
Dans ce film, il s’a­git avant tout de mieux com­prendre l’œuvre et l’âme du peintre Chaïm Soutine en péné­trant la matière pal­pi­tante et sen­suelle de ses pay­sages et de ses por­traits et en les confron­tant à la réa­li­té qu’il a vécue.

À l’occasion de l’exposition « Soutine/De Kooning » au musée de l’Orangerie de Paris (15/09/2021 – 10/01/2022).

Shiro Takatani, entre nature et technologie

Un film de Giulio Boato et Enrico Pitozzi (2018, 52′)

Un mor­ceau de vio­lon­celle exé­cu­té au beau milieu d’un lac plon­gé dans le brouillard, c’est la manière dont le cinéaste Giulio Boato ouvre son film consa­cré au tra­vail de l’artiste japo­nais Shiro Takatani. Une plon­gée sen­so­rielle à la fois visuelle et audi­tive dans un ima­gi­naire volon­tai­re­ment mar­quant à l’i­mage des pro­po­si­tions de l’ar­tiste. Le docu­men­taire fait alter­ner des inter­views de Shiro Takatani et de ses proches (dont le célèbre com­po­si­teur Ryuichi Sakamoto), de com­mis­saires, des ins­tal­la­tions ou des extraits de ses spec­tacles et des plans sur les pay­sages japo­nais. Peu à peu, le film dévoile plus de trois décen­nies de créa­tion autour de la tech­no­lo­gie et de la nature, l’une ne ces­sant jamais d’éclairer l’autre. L’artiste révèle ses influences et ses pen­sées ain­si que les prin­cipes direc­teurs de son tra­vail qui échappent aux cadres impo­sés par l’un ou l’autre des champs artis­tiques qu’ils tra­versent. Il a d’ailleurs créé Dumb Type, dans les années 1980, une com­pa­gnie plu­ri­dis­ci­pli­naire unique qui ras­sem­blait des archi­tectes, des ingé­nieurs du son, des vidéastes, dan­seurs, dan­seuses, musi­ciens et musi­ciennes. À tra­vers ce tra­vail où les fron­tières entre le spec­tacle vivant, l’installation vidéo et les arts gra­phiques s’estompent, nous voya­geons des abysses au cos­mos, dans un uni­vers qui nous échappe mais pro­pose des formes inoubliables.

Still Life. Ron Mueck at work

Un film de Gautier Deblonde (2019, 52′)

Ce film est avant tout un film sur le temps, une immer­sion totale dans l’a­te­lier, le tra­vail et les gestes méti­cu­leux du sculp­teur hyper­réa­liste Ron Mueck. Durant deux ans, Gautier Deblonde a eu carte blanche pour fil­mer l’artiste lors de la réa­li­sa­tion de trois œuvres expo­sées à la Fondation Cartier pour l’art contem­po­rain, en 2013. Pouvoir péné­trer le sanc­tuaire d’un artiste répu­té secret, à l’i­mage de ses sculp­tures silen­cieuses, médi­ta­tives et mys­té­rieuses, cap­tive immé­dia­te­ment. Le voir au tra­vail impres­sionne. On y lit clai­re­ment son obses­sion pour le vrai et une approche sen­sible jusqu’à l’extrême des formes et des maté­riaux. En repous­sant les limites de la res­sem­blance, Ron Mueck invente des per­son­nages dont les expres­sions nous sont à la fois fami­lières et tota­le­ment étran­gères. Gautier Deblonde par­vient à main­te­nir notre atten­tion sans aucun mot. Son regard impose une atmo­sphère et ses cadrages, non sans humour, nous invite à par­ta­ger des sen­sa­tions presque phy­siques. Un film qui entre dans la plus grande inti­mi­té de la créa­tion et en res­ti­tue les choses les plus ténues.

Mitten

Un film d’Olivia Rochette et Gérard-Jan Claes (2019, 53′)

Devant l’instrument, se tient, de face ou de côté, le musi­cien Jean-Guihen Queyras qui inter­prète les six suites pour vio­lon­celle de Jean-Sébastien Bach, un som­met de l’histoire de la musique occi­den­tale. Trois dan­seurs et deux dan­seuses (dont Anne Teresa De Keersmaeker elle-même) se suc­cèdent sur le pla­teau et donnent vie à cette sublime par­ti­tion. Au sol, sont tra­cés des cercles, des lignes droites, des formes géo­mé­triques com­plexes et des spi­rales en cou­leur qui sont non seule­ment des marques pour les dan­seuses et dan­seurs mais qui suivent les lignes musi­cales. Cela montre de manière tan­gible toute l’architecture éla­bo­rée entre mou­ve­ment et musique. Pour preuve, ce début de film autour de la table, par­ti­tions en main, que le musi­cien décode avec la cho­ré­graphe et la deuxième dan­seuse, note après note, clé après clé, mesure après mesure et qu’Anne Teresa patiem­ment annote. Le tra­vail au cor­deau qui est à l’œuvre ici nous montre com­bien la géo­mé­trie tient une place pri­mor­diale et qu’il s’agit d’un véri­table tra­vail sur les pers­pec­tives, une minu­tieuse occu­pa­tion de l’espace. Pour autant, il ne s’agit pas d’illustrer la musique mais au contraire de la mon­trer sous toutes ses facettes, de l’éclairer par­fois, de la prendre à rebrousse-poil à d’autres, de la mettre au défi ou en pers­pec­tive ailleurs encore… Et c’est bien ce que par­viennent à éclai­rer de manière sai­sis­sante les deux cinéastes, l’étreinte fas­ci­nante et presque vivante entre musique et danse, la confron­ta­tion et la fusion réus­sie de la musique ancienne qui se conjugue avec la moder­ni­té de la danse et des dan­seuses et dan­seurs. Le duo Olivia Rochette et Gérard-Jan Claes, atten­tif et pré­sent à la fois aux gestes mais aus­si aux mots, trouve la dis­tance idéale pour nous faire entrer dans ce pro­ces­sus et rendre visible l’invisible. En met­tant en lumière ce tra­vail opi­niâtre et auda­cieux, les cinéastes nous montrent que la recherche de cette cho­ré­graphe est théo­rique sans être abs­traite, mathé­ma­tique en res­tant sen­suelle. Et l’on s’installe avec joie dans ce docu­men­taire qui pour­rait durer des heures tant on a de plai­sir à être avec elles et eux, à les voir cher­cher, se trom­per, recom­men­cer, dou­ter et confron­ter leurs ressentis…

Que viva Tina !

Un film de Silvano Castano (1997, 52′)

“Comment conci­lier l’art et la vie ?” deman­dait Tina Modotti à Edward Weston qui lui fit décou­vrir la pho­to­gra­phie et le Mexique. L’existence agi­tée, mul­tiple et frac­tu­rée de la cha­ris­ma­tique pho­to­graphe est là pour dire qu’elle n’a jamais trou­vé la réponse. Mais sa vie et son art, fussent-ils sépa­rés, fas­cinent. Issue d’un milieu ouvrier dans l’Italie pauvre du début du siècle, elle a, comme son père qui la fait venir aux États-Unis où il avait émi­gré, les idées à gauche. D’abord cou­tu­rière, puis man­ne­quin, sa beau­té la trans­for­me­ra vite en star­lette hol­ly­woo­dienne. Carrière brève car elle va être empor­tée par une suite de pas­sions et de ren­contres, chaque amour lui ouvrant un pays, un enga­ge­ment, une voca­tion. Sa liai­son tumul­tueuse avec le pho­to­graphe amé­ri­cain Weston sera déter­mi­nante. Pendant huit ans, à ses côtés, elle devien­dra, l’élève éga­lant le maître, une des pho­to­graphes les plus douées des années 1920. Ses pho­to­gra­phies d’abord artis­tiques, jouant sur les lignes et la com­po­si­tion pren­dront, en gar­dant la même rigueur de cadre et de regard, une colo­ra­tion de plus en plus sociale et mili­tante. Elle entre dans le cercle intel­lec­tuel et com­mu­niste des peintres fres­quistes conduit par le mura­liste El Coronelazo (David Alfaro Siqueiros). Elle devien­dra l’égérie du révo­lu­tion­naire cubain Julio Antonio Mella qui mour­ra assas­si­né, puis de Vittorio Vidali, agi­ta­teur inter­na­tio­nal et sta­li­nien rigide qui la trans­for­me­ra en mili­tante pro­fes­sion­nelle du Secours rouge et du Komintern. Photographier lui semble alors du temps déro­bé au Parti et à la cause du peuple. Elle jette, comme dira Pablo Neruda, son appa­reil dans la Moscova et ne sera plus que l’exécutrice des ordres du Kremlin à Moscou ou à Madrid pen­dant la guerre d’Espagne. Meurtrie par la vic­toire fran­quiste, amère et cer­tai­ne­ment lucide, elle revien­dra au Mexique où elle mour­ra mys­té­rieu­se­ment dans un taxi à l’âge de qua­rante-cinq ans. Le film, conduit par un com­men­taire très infor­ma­tif, est construit sur des docu­ments d’archives et des extraits de films. Il donne aus­si la parole à quelques témoins ou ana­lystes de la vie de Tina Modotti. La bio­gra­phie y tient sans doute mal­heu­reu­se­ment plus de place que la pho­to­gra­phie, mais sa vie a été si roma­nesque que le cinéaste n’a pu que se lais­ser emporter.