Projection organisée dans le cadre de l’exposition Végétales de Tamar Kasparian et Béatrice Meunier-Déry qui nous invitent à poser un autre regard sur la nature. Tout comme la réalisatrice Prune Nourry, elles explorent le lien fertile entre art et sciences. Précédée d’une visite guidée de l’exposition à 18h30 (durée 20min).
L’artiste Prune Nourry a consacré sa carrière artistique à explorer des questions autour du corps humain et d’autres sujets scientifiques. Elle nous interroge en permanence sur notre existence, toujours avec une pointe d’humour qui lui est propre.
Soudain, à l’âge de 31 ans, on lui diagnostique un cancer du sein. Prune Nourry commence à documenter son traitement et les effets de la maladie sur son propre corps. Elle transforme son odyssée médicale en une épopée artistique alors qu’elle découvre un nouveau sens à son œuvre, et les coïncidences étranges entre son art et sa maladie.
Prune Nourry signe ici son premier film documentaire, au-delà d’un portrait d’artiste. Avec Serendipity, elle nous transporte avec courage dans son intimité et nous embarque dans un voyage honnête qui nous ramène au plus profond de nous-mêmes.
Pendant deux ans, Hara Kaminara aura été la photographe de l’Aquarius, ce navire qui a sillonné la Méditerranée pour porter secours aux embarcations fragiles et bondées qui cherchent à rejoindre l’Europe en risquant tous les périls. Ce film poignant sous le signe des violences de notre monde questionne ce que peut le documentaire, car Lettre à Nikola est une réflexion profonde et grave sur le pouvoir des images, sur ce que signifie aujourd’hui témoigner.
Un événement mensuel en collaboration avec Cinergie.be
Un film de Marie-Françoise Plissart (2019, 52′)
À Kinshasa, une dizaine d’anciens membres de gangs violents ont formé un groupe de percussionnistes, les Beta Mbonda. Ils jouent avec tout ce qui leur tombe sous la main et construisent entre eux une nouvelle fraternité.
Comme un écho à ses travaux photographiques réalisés depuis de nombreuses années en République Démocratique du Congo, Marie-Françoise Plissart signe un documentaire à la fois vital et contemplatif sur un douzaine d’anciens Kulunas, des délinquants issus de gangs criminels instrumentalisés par le pouvoir politique et édictant leur loi à la population locale. Devenus aujourd’hui musiciens du groupe les Beta Mbonda, ces garçons ont transformé leurs vies par la musique et ainsi scellé leur amitié. Entre petits boulots et improvisations musicales, ils inventent des rythmes et chantent les difficultés de la vie quotidienne avec un esprit de jeu aux apparences légères. Tel un chœur grec, à partir d’instruments traditionnels ou d’objets banals, leurs chants résonnent dans l’espace de Kinshasa et se font l’écho d’une ville-Monde à la dérive. La réalisatrice offre des plans larges, des moments de rêveries aux sons des tambours, des petites scènes théâtralisées qui apportent un décalage heureux face à la violence socio-économique décrite dans les chansons. Elle se tient à contre-courant du cliché habituel consistant à filmer Kinshasa à toute allure et dans le chaos. Sans aucun misérabilisme ni pathos, elle construit son film comme une sculpture qui raconterait, par l’évidence de sa forme, la nécessité de construire ensemble, de prendre possession d’un espace et d’un temps qui devraient nous appartenir. Un film inclassable, qui chaloupe entre documentaire et fiction, à l’endroit juste où le plaisir de jouer rebondit sur celui de l’enregistrer.
Un film de Christian Tran (2018, 75′)
En 2016, deux institutions parisiennes, le musée Picasso et la Bibliothèque nationale de France (BNF), ont offert à l’artiste espagnol contemporain Miquel Barceló un terrain de jeu à sa mesure ou plus exactement à sa démesure.
Le Musée Picasso lui a proposé son sous-sol dans lequel l’artiste a décidé d’ériger un mur intitulé « le grand mur de têtes », une grande construction tenue par un torchis archaïque qui se veut comme une suite d’autoportraits. Une œuvre pleine de trous, qui laisse passer l’air et la lumière et aspire à une certaine forme de légèreté. À la BNF, l’artiste a investi les parois vitrées de plus de 1000 m² et exécute une fresque éphémère tracée avec les doigts et des outils primitifs dans de l’argile mouillée. Émerge alors tout un monde de terre et de lumière peuplé du motif animal, saisi par une puissante force organique.
Le réalisateur Christian Tran a passé de longs moments auprès de l’artiste au travail, captant en même temps que ses gestes fascinants, des propos à la fois lumineux et érudits sur l’art en général… ce qui ne l’empêche nullement d’écouter des matchs de foot lorsqu’il travaille. Outre le processus créatif de ces deux œuvres monumentales, le film nous offre également l’opportunité de visiter, toujours aux côtés de l’artiste, la cathédrale de Palma de Majorque dans laquelle Miquel Barceló a érigé, entre 2001 et 2006, 300 m² de céramiques en relief, représentant la parabole de la multiplication des pains et des poissons et qui a créée la polémique. Mais c’est surtout la descente dans la grotte Chauvet et les commentaires de l’artiste sur les dessins pariétaux qui constitue le point d’orgue du documentaire et que nous éclaire de façon spectaculaire sur son travail. Gratter, griffer, creuser, triturer, tracer, tout le travail de Barceló tient à la fois de l’art brut, du rituel, de la transe païenne ou sacrée. Et en revenant sans cesse sur deux de ses performances (Paso Doble à Avignon et L’image fantôme à Salamanque) Christian Tran instaure aussi à sa manière une sorte de rituel, un ballet autour d’un artiste hors norme.
Une grande traversée du cubisme, de ses origines jusqu’à sa banalisation à l’Exposition internationale des Arts décoratifs de 1925, en passant par les peintres, les tableaux majeurs, les lieux, les événements…
Le cubisme a certainement été la plus importante révolution plastique du XXe siècle proposée sur la surface plane d’un tableau. Le film est un voyage à vive allure à travers ce mouvement, depuis ses origines (Paul Cézanne, “l’art nègre”, l’art des Cyclades) jusqu’à sa banalisation à l’Exposition internationale des Arts décoratifs de 1925 en passant par les tableaux et les peintres majeurs : Pablo Picasso, Georges Braque, Juan Gris, Marcel Duchamp, Fernand Léger, etc. Le film ne s’en tient pas aux artistes mais aborde également le contexte environnant avec le marchand Daniel-Henry Kahnweiler, les lieux (Le Bateau Lavoir, La Ruche), les événements (la représentation du ballet ‘Parade’ d’Éric Satie imaginé par Jean Cocteau, avec des décors et costumes signés Picasso). Cette matière très dense est portée par des interviews d’historiens et de témoins, des bandes d’actualité, beaucoup de vues de Paris, des extraits de films sur les peintres et, évidemment, des tableaux. Le commentaire, truffé de citations, est historique et informatif.<
Pol Bury, la poésie de la lenteur est un film riche d’images et de témoignages, qui donne à sentir le travail de cet artiste hors norme, protéiforme, mais obsédé par une seule et même quête, celle de la perception du temps. Cousu de multiples entretiens avec celles et ceux qui lui furent proches (Pierre Alechinsky, André Balthazar, Velma Bury, Adrien Maeght), le film permet de saisir le parcours d’un artiste qui a traversé trois mouvements artistiques fondamentaux du 20e siècle en Belgique. D’abord, le surréalisme, après sa rencontre très marquante avec Achille Chavée. Ensuite, CoBrA, mouvement auquel il participa activement au côté de Christian Dotremont. Enfin, la pataphysique en fondant, avec André Balthazar, l’Académie de Montbliart et le Daily-Bul. Trois époques, trois mouvements traversés par cet esprit irrévérencieux, désinvolte et une quête infinie du renouveau et d’affranchissement de toutes les contraintes. En un mot, l’esprit Bul, qui comme le définissait André Balthazar est “une façon de perdre l’équilibre (…), une façon d’en dire assez pour ne pas en dire trop.” Une définition prise à la lettre par le réalisateur Arthur Ghenne qui insère aux témoignages, les images des œuvres de Bury. Ces œuvres traversent parfois les entretiens en surimpressions ou en superpositions et livrent, souvent avec humour, les différentes évolutions et la quête d’un homme qui apparaît, au fil du film, comme un génial facétieux. Scandé par des interviews de l’artiste qui explique son travail, ‘Pol Bury, la poésie de la lenteur’ est un document bourré d’informations, qui se permet des clins d’œil pince sans rire (“à la Bury”), notamment quand il déforme un portrait pour imiter ses ramollissements, introduit des caméos dans les images ou s’amuse à cadrer et décadrer les œuvres en regard des témoignages.
Un film de Adrian Maben (1986, 60′)
Adrian Maben suit le peintre belge Paul Delvaux dans ses différents lieux de vie et l’écoute se raconter. Un portrait dans lequel reviennent sans cesse les motifs de sa peinture.
Paul Delvaux raconte sa vie, ses souvenirs, parle de son travail, des thèmes qui sont les siens, tous venus d’un détail autobiographique. Il peint les trains, les trams, les villes désertes, le personnage savant sorti tout droit des éditions Hetzel, les squelettes qui, pour lui, ne symbolisent pas la mort mais dramatisent la vie, et des femmes belles, immobiles et absentes. Son discours est simple, touchant, lumineux. On le suit dans ses différentes maisons, de celle de sa grand-mère à la dernière à Furnes, en passant par la maison Périer qu’il a décorée. Traversent le film, sa femme Tam, Alain Robbe-Grillet qui voulait lui confier les décors de ‘L’année dernière à Marienbad’, une jeune femme modèle qui parle de leur rapport filial. Adrian Maben reste dans le reportage classique : interviews, extraits de films (Henri Storck, Jean Antoine, Georges Benedek), présence de nombreux tableaux et dessins. Les images ne sont pas très originales, mais on apprend beaucoup de choses. Paul Delvaux est heureusement très présent et on se rend compte de l’énorme force de travail de ce vieux monsieur aux yeux bleus, qui peint et dessine inlassablement, et a une douce philosophie de la vie parce que sa vie a été douce.
Un film de Christian Tran (2018, 75′)
En 2016, deux institutions parisiennes, le musée Picasso et la Bibliothèque nationale de France (BNF), ont offert à l’artiste espagnol contemporain Miquel Barceló un terrain de jeu à sa mesure ou plus exactement à sa démesure.
Le Musée Picasso lui a proposé son sous-sol dans lequel l’artiste a décidé d’ériger un mur intitulé « le grand mur de têtes », une grande construction tenue par un torchis archaïque qui se veut comme une suite d’autoportraits. Une œuvre pleine de trous, qui laisse passer l’air et la lumière et aspire à une certaine forme de légèreté. À la BNF, l’artiste a investi les parois vitrées de plus de 1000 m² et exécute une fresque éphémère tracée avec les doigts et des outils primitifs dans de l’argile mouillée. Émerge alors tout un monde de terre et de lumière peuplé du motif animal, saisi par une puissante force organique.
Le réalisateur Christian Tran a passé de longs moments auprès de l’artiste au travail, captant en même temps que ses gestes fascinants, des propos à la fois lumineux et érudits sur l’art en général… ce qui ne l’empêche nullement d’écouter des matchs de foot lorsqu’il travaille. Outre le processus créatif de ces deux œuvres monumentales, le film nous offre également l’opportunité de visiter, toujours aux côtés de l’artiste, la cathédrale de Palma de Majorque dans laquelle Miquel Barceló a érigé, entre 2001 et 2006, 300 m² de céramiques en relief, représentant la parabole de la multiplication des pains et des poissons et qui a créée la polémique. Mais c’est surtout la descente dans la grotte Chauvet et les commentaires de l’artiste sur les dessins pariétaux qui constitue le point d’orgue du documentaire et que nous éclaire de façon spectaculaire sur son travail. Gratter, griffer, creuser, triturer, tracer, tout le travail de Barceló tient à la fois de l’art brut, du rituel, de la transe païenne ou sacrée. Et en revenant sans cesse sur deux de ses performances (Paso Doble à Avignon et L’image fantôme à Salamanque) Christian Tran instaure aussi à sa manière une sorte de rituel, un ballet autour d’un artiste hors norme.
Un film de Mélanie Schaan et Corentin Leconte (2020, 72′)
Dans la vallée d’Himuro, au Japon, se niche un ermitage au toit d’herbe. Saison après saison, Maître Akeji et sa femme Asako vivent entourés de la nature, des esprits, du souffle du vent et de l’inspriration.
Maître Akeji et Asako habitent à Himuro, un hameau reculé accroché aux flancs du Kurama Yama, dans un ancien refuge forestier où les bûcherons venaient autrefois s’abriter. Ensemble depuis ce qui semble une eternité, ils mènent une vie retirée et presque totalement autarcique. Pourtant, Maître Akeji est un calligraphe avant-gardiste reconnu dans le monde entier. Issu d’une lignée de samouraï, il est un initié de la « voie du pinceau » et du Zen. Avec une délicatesse infinie, les cinéastes suivent cette vie simple au fil des saisons. Cueillir des baies et des écorces, élaborer des pigments, préparer la cérémonie du thé, observer le vent, pratiquer des exercices de sabre. Les calligraphies que l’on ne fait qu’apercevoir dans le film et qui pourraient paraître secondaires sont en fait le reflet exact ou mieux encore le résultat de chacun des gestes posés dans le quotidien. Et tout devient alors sacré, comme suspendu par un souffle d’une poésie rare dans laquelle se réinvente un rapport à l’espace, au temps, à l’ombre et au vide.