Serendipity

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Un film de Prune Nourry (2019, 74′)

Depuis plu­sieurs années, Prune Nourry explore le corps dans des œuvres d’art mar­quantes et pro­vo­ca­trice non dénuées d’humour. Fécondité, êtres hybrides, sélec­tion du sexe mais aus­si défi­ni­tion de la fémi­ni­té dans dif­fé­rentes cultures sont les sujets d’un tra­vail qui oscille entre méde­cine, science et de nom­breux champs artis­tiques. C’est à l’âge de 31 ans, comme si ses recherches la rat­tra­paient, que la jeune femme apprend qu’elle est atteinte d’un can­cer du sein. La camé­ra va alors deve­nir sa com­pagne, sa thé­ra­pie. Son can­cer, lui, sera un sujet explo­ra­toire qui va lui ser­vir à se repo­si­tion­ner. Créer par­tout, créer tout le temps, fil­mer la bataille même lorsque son corps est un faible sol­dat, Serendipity est un shoot d’énergie, de cou­rage et de force, une réap­pro­pria­tion de son corps et de soi et montre que créer, c’est gué­rir un peu.

Sophie Calle. Sans titre

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Un film de Victoria Clay Mendoza (2012, 52′)

Doit-on encore pré­sen­ter l’artiste fran­çaise Sophie Calle qui, depuis plus de trente ans, a fait de sa vie per­son­nelle le thème essen­tiel de son œuvre. De telle sorte qu’il nous semble la connaître réel­le­ment. Et si Sophie Calle était autre que celle que nous avions ima­gi­née ? Victoria Clay Mendoza, réa­li­sa­trice et amie, pénètre seule dans l’atelier de la plas­ti­cienne. Elle est gui­dée par une lettre lue à voix haute par Sophie Calle elle-même (qui d’autre ?) et qui l’autorise à se ser­vir de tout ce maté­riel accu­mu­lé depuis des années : films, pho­tos, lettres, docu­ments, objets… autant de traces de son exis­tence et de son œuvre. Sur cette idée de film en forme de jeu de piste carac­té­ris­tique du tra­vail de l’artiste, nous sommes pris dans ses fila­tures d’inconnus, l’accompagnons pour une nuit blanche au som­met de la Tour Eiffel et à Las Vegas pour un mariage pour le moins hasar­deux. Au centre de ce por­trait en creux qui semble léger et ludique, une ombre pèse pour­tant, celle de la mort, la mort des autres, la mort aux autres avec laquelle on vou­drait jouer aus­si pour qu’elle ne fasse plus aus­si peur.

Marceline, une femme, un siècle

Un film de Cordelia Dvoràk (2018, 58′)

“Rouquine, juive, gau­chère, étran­gère.” Ce por­trait cro­qué en vitesse de Marceline Rozenberg, c’est elle-même qui nous l’offre : Marceline n’a jamais eu besoin des autres pour se défi­nir ou pour trou­ver sa place dans le monde. Née de parents juifs polo­nais immi­grés en France, res­ca­pée des camps nazis, cama­rade de dépor­ta­tion de Simone Veil, com­pagne du cinéaste Joris Ivens, Marceline Rozenberg va deve­nir Marceline Loridan-Ivens, et res­ter toute sa vie une femme libre, enga­gée ain­si qu’une cinéaste pas­sion­née. Car ce n’est pas au départ par l’écriture ou la parole publique qu’elle va rompre le silence sur sa dépor­ta­tion, mais par l’intermédiaire du ciné­ma, et plus spé­cia­le­ment dans un docu­men­taire de ciné­ma-véri­té signé Jean Rouch et Edgar Morin inti­tu­lé ‘Chroniques d’un été’. Si ‘Marceline une femme un siècle’ est, bien enten­du, le por­trait d’une artiste et d’une témoin majeure du 20e siècle, il est aus­si un film sur le ciné­ma et la sur­vie grâce à cet art. Le récit, agré­men­té d’archives fil­mées excep­tion­nelles, de pho­to­gra­phies inédites et du témoi­gnage de ses proches se nour­rit sur­tout de l’éner­gie et de la verve de cette femme alors âgée de 90 ans qui n’a rien per­du de son imper­ti­nence pour par­ler d’histoire, de poli­tique ou d’art. Ses films sur l’in­dé­pen­dance algé­rienne, la lutte pour l’in­dé­pen­dance viet­na­mienne ou encore de la Révolution cultu­relle en Chine res­te­ront les témoi­gnages de sa vision du monde et de la liber­té. Marceline Loridan-Ivens est morte en 2018.

Ex-voto

Un film de Caroline D’hondt (2010, 52′)

Alfredo Vilchis est l’un des der­niers peintres mexi­cains d’ex-voto. Il per­pé­tue cette tra­di­tion consis­tant à peindre de petits tableaux offerts en remer­cie­ment à un saint ou une vierge pour son inter­ven­tion miraculeuse.Observatrice dis­crète de ce monde où pro­fane et divin tout à coup se ren­contrent, la réa­li­sa­trice ne cède ni au didac­tisme, ni aux pré­ju­gés. Avec res­pect et humi­li­té, pre­nant le temps qu’il faut, elle se fait, à l’image de son per­son­nage, la recen­seuse, la gla­neuse de la parole, avan­çant d’entretiens en entre­tiens, choi­sis pour leur force nar­ra­tive et leur puis­sance évo­ca­trice. Ainsi, Ex-voto se tient tout entier dans la chro­nique des bon­heurs et mal­heurs des petites gens, à l’écoute d’une parole archaïque, celle qui se chu­chote et se pleure et vient se dépo­ser dans l’espérance d’un monde meilleur, hors du monde.

 

I don’t belong anywhere : le cinéma de Chantal Akerman

Un film de Marianne Lambert (2015, 67′)

Chantal Akerman nous fait remon­ter le fil de son par­cours nomade, de Bruxelles à Tel-Aviv, de Paris à New York. Se confron­tant à son public, elle ana­lyse ici le sens de son exis­tence comme de son œuvre et revient aux ori­gines de son lan­gage ciné­ma­to­gra­phique pour ten­ter une défi­ni­tion de ses par­tis pris esthétiques.

Dora Maar, entre ombre et lumière

Un film de Marie-Ève de Graeve (2019, 52′)

Plongez au cœur de l’œuvre pho­to­gra­phique et pic­tu­rale de Dora Maar avec ce film qui retrace le par­cours ful­gu­rant d’une per­son­na­li­té hors-norme. Libérée, l’œuvre s’impose à nous, incon­tour­nable et sin­gu­lière, dévoi­lant une artiste totale et aux mul­tiples facettes.

 

Broken Art

Un film de Nicolas Dedecker et Benoît Baudson (2019, 52′)

L’artiste urbain Denis Meyers a trou­vé un ter­rain de jeu à la taille de son ambi­tion : l’ancien siège de la firme Solvay, à Bruxelles, soit une sur­face de près de 50 000 m² sur huit niveaux. Avant sa des­truc­tion pro­gram­mée, l’artiste a obte­nu l’autorisation d’investir le bâti­ment dans l’idée d’en faire une œuvre totale et impo­sante en noir et blanc : une occa­sion pour lui de se rendre visible et de digé­rer une dou­lou­reuse sépa­ra­tion. Les cinéastes Nicolas Dedecker et Benoît Baudson suivent au plus près toutes les étapes de ce pro­jet fou. Sur place, jours et par­fois nuits, Denis Meyer rem­plit les murs, à la bombe noire. Un entre­la­ce­ment poé­tique de des­sins et de textes issus de ses car­nets intimes qui viennent en épou­ser les moindres recoins. Du sol au pla­fond en pas­sant par les fenêtres, les esca­liers et les portes, l’artiste déverse les sen­ti­ments qui le tra­versent. Parallèlement, il s’a­gi­ra aus­si de faire venir du monde, d’in­vi­ter des célé­bri­tés, de faire du bruit afin que tout cela puisse ser­vir non seule­ment à se “gué­rir” mais éga­le­ment à pous­ser sa car­rière. Entre œuvre intime et opé­ra­tion mar­ke­ting réus­sie, le film se fraye un che­min dans un dédale laby­rin­thique aus­si bien phy­sique que psychique.

Marceline, une femme, un siècle

Un film de Cordelia Dvoràk (2018, 58′)

“Rouquine, juive, gau­chère, étran­gère.” Ce por­trait cro­qué en vitesse de Marceline Rozenberg, c’est elle-même qui nous l’offre : Marceline n’a jamais eu besoin des autres pour se défi­nir ou pour trou­ver sa place dans le monde. Née de parents juifs polo­nais immi­grés en France, res­ca­pée des camps nazis, cama­rade de dépor­ta­tion de Simone Veil, com­pagne du cinéaste Joris Ivens, Marceline Rozenberg va deve­nir Marceline Loridan-Ivens, et res­ter toute sa vie une femme libre, enga­gée ain­si qu’une cinéaste pas­sion­née. Car ce n’est pas au départ par l’écriture ou la parole publique qu’elle va rompre le silence sur sa dépor­ta­tion, mais par l’intermédiaire du ciné­ma, et plus spé­cia­le­ment dans un docu­men­taire de ciné­ma-véri­té signé Jean Rouch et Edgar Morin inti­tu­lé ‘Chroniques d’un été’. Si ‘Marceline une femme un siècle’ est, bien enten­du, le por­trait d’une artiste et d’une témoin majeure du 20e siècle, il est aus­si un film sur le ciné­ma et la sur­vie grâce à cet art. Le récit, agré­men­té d’archives fil­mées excep­tion­nelles, de pho­to­gra­phies inédites et du témoi­gnage de ses proches se nour­rit sur­tout de l’éner­gie et de la verve de cette femme alors âgée de 90 ans qui n’a rien per­du de son imper­ti­nence pour par­ler d’histoire, de poli­tique ou d’art. Ses films sur l’in­dé­pen­dance algé­rienne, la lutte pour l’in­dé­pen­dance viet­na­mienne ou encore de la Révolution cultu­relle en Chine res­te­ront les témoi­gnages de sa vision du monde et de la liber­té. Marceline Loridan-Ivens est morte en 2018.

No nos representan

Un film de Irène Muñoz Martin (2018, 40′)

Avec beau­coup de malice, Irène Muñoz Martin se lance dans une ten­ta­tive de recons­ti­tu­tion de la lutte des Indignés en 2001 à la Puerta del Sol. Mais elle s’embrouille, les témoi­gnages se contre­disent… Et com­ment don­ner à voir cet évé­ne­ment poli­tique ? Interpellée par ses comé­diens, la voi­là qui remet tout son pro­jet en ques­tion et part dans les musées confron­ter les œuvres d’art aux repré­sen­ta­tions désor­mais cano­ni­sées de l’Histoire.

On a le temps pour nous

Un film de Katy Léna Ndiaye (2019, 62′)

Octobre 2014. Ce que per­sonne n’a­vait rêvé se pro­duit. Les Burkinabés débarquent paci­fi­que­ment celui qui se voyait pré­sident à vie, Blaise Compaoré. Le rap­peur Serge Bambara, dit Smokey, était par­mi les insur­gés. Il est aujourd’­hui consi­dé­ré come l’un des arti­sans de ce chan­ge­ment poli­tique. On a le temps pour nous nous plonge dans le quo­ti­dien du rap­peur iconique.