Résumé
En route vers Sarajevo, où il doit exposer ses œuvres, le peintre Roger Dale livre ses souvenirs et ses réflexions sur la mémoire, l’art et la nécessité de peindre.
Avis
Au début du film, une grande toile porte l’inscription Pax vobis – « Paix à vous ». En quelques coups de pinceau, le peintre Roger Dale efface ces mots pour faire surgir un paysage. Ce geste inaugural résume toute sa démarche artistique : transformer les traces de la violence en une image capable de faire renaître la mémoire.
Le film suit le peintre alsacien dans un voyage à travers ses souvenirs, alors qu’il doit se rendre à Sarajevo, où il est invité à exposer ses œuvres. Son récit retrace une vie marquée par les déplacements et l’Histoire : une enfance en Angleterre auprès d’un père qui participa à la Seconde Guerre mondiale, l’émigration familiale au Canada, puis la découverte de la peinture comme langage capable d’apaiser le chaos. La rencontre avec l’œuvre du peintre allemand Peter Dreher, célèbre pour sa série de verres peints chaque jour sous une lumière différente, marque un tournant décisif dans sa recherche artistique.
Tout au long du film, les paysages deviennent les témoins silencieux des tragédies humaines. Dresde, Strasbourg après la guerre franco-prussienne, le camp du Struthof ou encore la Bosnie-Herzégovine rappellent que les conflits se répètent et laissent derrière eux des blessures profondes.
Roger Dale choisit, pendant la guerre de Bosnie, de s’installer pendant cinquante jours en 1994 aux abords du camp du Struthof afin d’en peindre les paysages. Ces toiles, seront exposées à Sarajevo en 2024, témoignant de sa conviction que l’art peut résister à l’oubli.
À travers ses œuvres comme dans son enseignement auprès des étudiant.es en art, Roger Dale défend une même idée : la peinture naît parfois du désordre, mais elle a le pouvoir de restaurer la mémoire, de révéler ce qui demeure invisible et de faire émerger, malgré tout, une forme de beauté.