Un film de Cordelia Dvoràk (2018, 58′)
“Rouquine, juive, gauchère, étrangère.” Ce portrait croqué en vitesse de Marceline Rozenberg, c’est elle-même qui nous l’offre : Marceline n’a jamais eu besoin des autres pour se définir ou pour trouver sa place dans le monde. Née de parents juifs polonais immigrés en France, rescapée des camps nazis, camarade de déportation de Simone Veil, compagne du cinéaste Joris Ivens, Marceline Rozenberg va devenir Marceline Loridan-Ivens, et rester toute sa vie une femme libre, engagée ainsi qu’une cinéaste passionnée. Car ce n’est pas au départ par l’écriture ou la parole publique qu’elle va rompre le silence sur sa déportation, mais par l’intermédiaire du cinéma, et plus spécialement dans un documentaire de cinéma-vérité signé Jean Rouch et Edgar Morin intitulé ‘Chroniques d’un été’. Si ‘Marceline une femme un siècle’ est, bien entendu, le portrait d’une artiste et d’une témoin majeure du 20e siècle, il est aussi un film sur le cinéma et la survie grâce à cet art. Le récit, agrémenté d’archives filmées exceptionnelles, de photographies inédites et du témoignage de ses proches se nourrit surtout de l’énergie et de la verve de cette femme alors âgée de 90 ans qui n’a rien perdu de son impertinence pour parler d’histoire, de politique ou d’art. Ses films sur l’indépendance algérienne, la lutte pour l’indépendance vietnamienne ou encore de la Révolution culturelle en Chine resteront les témoignages de sa vision du monde et de la liberté. Marceline Loridan-Ivens est morte en 2018.
La Vénerie et le Centre du Film sur l’Art ont décidé de mettre à l’honneur des femmes artistes, devant et derrière la caméra. Cinq réalisatrices talentueuses vont nous emmener à travers leurs films documentaires à la rencontre d’artistes et de personnalités remarquables. Les Mardis de l’Art vous invitent à entrer dans leur univers. Leur objectif commun ? Changer notre regard sur le monde et sur l’art. Leurs armes ? Une caméra (Delphine et Carole, les insoumuses et Marceline, une femme, un siècle), l’humour (Les femmes préfèrent en rire), la métamorphose (The Ballad of Genesis and Lady Jaye) et l’amour du beau (Cezanne).
Un film de Callisto McNulty (2018, 68′)
Dans les années 1970, deux femmes, Delphine et Carole décident de collaborer et de militer ensemble. Leur arme ? Une caméra. Elles réalisent ensemble une séries de vidéos conçues comme des interventions politiques au service des luttes des femmes, de toutes les femmes, de celles que jamais on entend ou que jamais on écoute, qu’elles soient comédiennes, prostituées, ouvrières… On connaît Delphine Seyrig, actrice chez Truffaut, Duras et Akerman ; on connaît moins Carole Roussopoulos, vidéaste qui fut l’une des premières à s’emparer de la vidéo comme outil d’émancipation et libération de la parole.
Delphine et Carole, insoumuses, réalisé par la petite-fille de Carole Roussopoulos, est un film de montage qui croise les films tournés par les deux réalisatrices, des entretiens de Carole et des images d’archive de Delphine (films, émissions, etc.) Portrait magnifique d’une complicité au travail, portrait d’une époque d’initiatives esthétiques et politiques foisonnantes, plus de quarante ans ont passé et leur pensée reste encore aujourd’hui d’une modernité déconcertante. Un film important qui incite à découvrir l’œuvre documentaire de ces deux muses libres et magnifiquement désobéissantes.
La Vénerie et le Centre du Film sur l’Art ont décidé de mettre à l’honneur des femmes artistes, devant et derrière la caméra. Cinq réalisatrices talentueuses vont nous emmener à travers leurs films documentaires à la rencontre d’artistes et de personnalités remarquables. Les Mardis de l’Art vous invitent à entrer dans leur univers. Leur objectif commun ? Changer notre regard sur le monde et sur l’art. Leurs armes ? Une caméra (Delphine et Carole, les insoumuses et Marceline, une femme, un siècle), l’humour (Les femmes préfèrent en rire), la métamorphose (The Ballad of Genesis and Lady Jaye) et l’amour du beau (Cezanne).
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Un film de Victoria Clay Mendoza (2012, 52′)
Doit-on encore présenter l’artiste française Sophie Calle qui, depuis plus de trente ans, a fait de sa vie personnelle le thème essentiel de son œuvre. De telle sorte qu’il nous semble la connaître réellement. Et si Sophie Calle était autre que celle que nous avions imaginée ? Victoria Clay Mendoza, réalisatrice et amie, pénètre seule dans l’atelier de la plasticienne. Elle est guidée par une lettre lue à voix haute par Sophie Calle elle-même (qui d’autre ?) et qui l’autorise à se servir de tout ce matériel accumulé depuis des années : films, photos, lettres, documents, objets… autant de traces de son existence et de son œuvre. Sur cette idée de film en forme de jeu de piste caractéristique du travail de l’artiste, nous sommes pris dans ses filatures d’inconnus, l’accompagnons pour une nuit blanche au sommet de la Tour Eiffel et à Las Vegas pour un mariage pour le moins hasardeux. Au centre de ce portrait en creux qui semble léger et ludique, une ombre pèse pourtant, celle de la mort, la mort des autres, la mort aux autres avec laquelle on voudrait jouer aussi pour qu’elle ne fasse plus aussi peur.
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Un film de Olivia Rochette & Gérard-Jan Claes (2019, 53′)
Sur un plateau nu, une danseuse et des danseurs, une chorégraphe et un musicien travaillent ensemble sur les six suites pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach, cherchant à faire dialoguer les corps et la musique.
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Un film de Anjaan Nitesh (2017, 56′)
Depuis plus de vingt ans, Mette Holm est la traductrice danoise attitrée de l’écrivain japonais Haruki Murakami. Femme posée et méticuleuse, d’un calme en apparence inaltérable, elle cherche constamment à trouver le mot et la phrase permettant de faire ressentir aux lecteurs et lectrices, l’univers onirique si particulier de l’auteur. Plus qu’un travail, son métier est un mode de vie qui la conduit dans des endroits insolites, à la rencontre d’autres personnes qui, comme elle, tentent de percer les mystères de sa langue. Mette Holm peine à trouver les mots parfaits. Autour d’elle, la frontière entre réalité et fiction commence peu à peu à se brouiller. C’est que l’univers de Murakami est plus qu’une atmosphère, c’est un monde prégnant dans lequel on s’immerge dans le doute avec délices mais peut être aussi un peu d’effroi. Avec beaucoup d’intelligence, Nitesh Anjaan se joue des frontières entre fiction et documentaire, imaginaire et réalité pour nous entraîner dans cette quête. Il parvient à montrer, avec humour, à quoi ressemble la vie intérieure d’une personne entièrement dédiée à la retranscription d’un imaginaire qui n’est pas le sien, et au centre de cette recherche il se joue du pouvoir des mots et de leur puissance à convoquer dans le réel ce qu’ils évoquent.
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Un film de Myriam van Imschoot (2018, 48′)
Le Cadeau est une ode au ‘youyou’ ce cri strident pratiqué par les femmes pour exprimer la joie et d’autres émotions intenses. Quatre portraits de femmes évoquent leur relation personnelle au youyou et à leur voix. Leurs histoires trouvent un aboutissement dans une performance collective du groupe bruxellois YOUYOU. Du haut des toits de Bruxelles, de leurs voix puissantes, elles lancent leur chant sur la ville comme l’on jette un sortilège.
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Un film de Régine Abadia (2015, 52′)
Dada nait à Zurich en 1916, en pleine Première guerre mondiale. De jeunes artistes et poètes originaires de toutes les nations belligérantes, réfugiés en Suisse neutre pour échapper à la guerre, poussent un cri de révolte contre les sociétés capables d’engendrer une telle boucherie. Dada devient très vite une explosion créatrice dans tous les domaines de la pensée, un mouvement contestataire qui va essaimer dans le monde entier et qui a révolutionné l’art moderne du XXe siècle. Dada n’a pas vécu très longtemps. Il n’était pas fait pour durer. Il est mort à l’âge de 7 ans en 1923, juste avant d’atteindre l’âge de raison. Le film Viva Dada voyage dans cette époque chaotique. Il raconte l’esprit de ce mouvement et son dégoût de la guerre ; de sa naissance au Cabaret Voltaire à Zurich, à ses plus grandioses manifestations qui eurent lieu en France et en Allemagne, pour arriver à sa presque réincarnation dans un objet : un livre, le Dadaglobe. Cet ouvrage conçu par Tristan Tzara, l’un des fondateurs du mouvement, qui réunit les œuvres et les écrits des dadaïstes du monde entier, devait être édité en 1921. Il le sera finalement en 2016 grâce aux recherches d’une historienne de l’art : Adrianne Sudhalter. L’esprit iconoclaste, destructeur et transgressif de Dada se retrouve dans l’esthétique de ce documentaire qui utilise plusieurs techniques d’animation. Au travers des œuvres, des collages, des dessins, des photographies, des papiers griffonnés et des Ready made, Viva Dada restitue les paroles et les manifestes de quelques dadaïstes qui, un siècle plus tard, sonnent toujours aussi subversifs.
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Un film de Dimitri Petrovic & Maxime Jennes (2019, 66′)
En 2015, le musicien irakien Hussein Rassim a connu le sort violent et chaotique de milliers de migrants. Réfugié depuis en Belgique, il décide de reprendre la route en compagnie de sa compagne enceinte, ici en sens inverse. Juliette, comme lui, est musicienne. À deux, ils forment un duo inhabituel et éclectique, oud et contrebasse, sorte de pont naturel entre l’Orient et l’Occident. Leur voyage est alors l’occasion d’entendre la parole des migrants, des policiers, des habitants et des passeurs. À travers les étapes de ce road movie autobiographique, c’est toute la complexité de la migration en Europe qui se dévoile. Pour eux, un seul laissez-passer : la musique.
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Un film de Anne Reijniers, Nizar Saleh, Paul Shemisi & Rob Jacobs (2018, 63′)
Quatre cinéastes, deux Belges et deux Congolais, se proposent de faire le portrait de Kinshasa, une capitale où les combats pour la libération sont encore bien réels. Comment mettre en lumière les injustices sociales et l’héritage du colonialisme dans cette ville qui entretient une relation d’amour/haine avec la caméra ? En introduisant la performance dans les rues, au plus près des habitants…
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Un film de Guillaume Vandenberghe & Vincent Coen (2017, 61′)
Quand le Printemps arabe se mue en Automne islamiste, Zineb El Rhazoui, militante et journaliste, décide de quitter le Maroc. À Paris, Charlie Hebdo devient sa nouvelle famille, jusqu’au 7 janvier 2015. Absente des bureaux ce jour-là, elle est depuis la femme la mieux protégée de France. Très vite, elle prend publiquement position contre l’islam radical. Mais la naissance de sa fille vient modifier complètement sa vision de l’avenir. De plus, pour ses opposants, rien n’est pardonné.