La Maison de Jean-Pierre Raynaud (1969 – 1993)

La Maison de Jean-Pierre Raynaud (1969 – 1993)

  • 31'
  • 1993
  • VF
Réalisation : Michelle Porte

Image : Daniel Leterrier | Montage : Annick Breuil | Musique : Arvo Pärt | Photos d’archives : Denise Durand-Ruel | Conseillers artistiques : Denise Durand-Ruel, José Alvarez | Coproduction : La Sept, Caméras Continentales | Pays : France

  • 31'
  • 1993
  • VF

Résumé

L'artiste conceptuel Jean-Pierre Raynaud retrace l'aventure spirituelle et artistique de la construction de sa maison, de ses transformations successives jusqu'à sa destruction et sa conservation.

Avis

Face caméra, Jean-Pierre Raynaud parle. Il raconte l’histoire de sa maison à la Celle-Saint-Clou, maison qui est la métaphore de sa vie d’homme et de son travail d’artiste. Ses cinq stades, de la première occupation d’un banal pavillon de banlieue, habitation normale d’un jeune couple, à son enterrement de pierres célébré à l'Entrepôt Lainé à Bordeaux. Cette évolution a amené très vite des changements, dans la vie personnelle de l'artiste (un divorce) puis dans son travail qui s'est transformé et radicalisé, notamment quand les célèbres carreaux blancs 15/15 sont venus tout recouvrir et ont chassé tout élément extérieur à "cette architecture absolue". D’abord sans fenêtre avec juste une meurtrière, puis en blockhaus pour passer au stade vitrail, la maison est arrivée à une beauté parfaite. Pendant quatre ans, Jean-Pierre Raynaud s’est interrogé. Devait-il rester l’éternel gardien de cette perfection inerte ? Il a alors décidé de lui offrir son ultime renaissance, de la métamorphoser en la démolissant. La réalisatrice Michelle Porte, dans de lents panoramiques, promène sa caméra à travers les pièces, dans leur ultime achèvement avant l’arrivée des bulldozers. C’est une circulation quasi religieuse qui capte vingt-trois ans de vie et de recherche et fait entrer dans une aventure intérieure intense, puisque cette maison était pour l’artiste à la fois un laboratoire et une aventure amoureuse.

Jean-Pierre Raynaud °1939France
S’il apprend l’horticulture, Jean-Pierre Raynaud se tourne vers une expression artistique qui le pousse à œuvrer non pour les jardins mais à d’étranges sculptures, faites de sens interdits, de pots de fleurs remplis de ciments et de carrelage blanc en céramique avec joints noirs. Ceux-ci deviendront la marque de fabrique de l’artiste. En 1962, il réalise des 'Psycho-Objets', avec des matériaux de récupération laqués en rouge ou en blanc qui traduisent et interrogent son angoisse de la vie. Rapproché des nouveaux réalistes, il se libère de ce mouvement artistique pour un parcours plus solitaire et singulier. Jean-Pierre Raynaud intervient dans de nombreux espaces publics, avec le projet de la tour des Minguettes ou la réalisation d’espaces zéros.
Michelle Porte France
Formée par le groupe Recherche Image du Service de la Recherche de l’ORTF, Michelle Porte débute dans le cinéma en tant qu’assistante. Proche de Marguerite Duras, elle réalise des documentaires sur sa vie et son œuvre. Elle publie même deux livres avec elle dans les années 1970. Depuis, elle se consacre à la réalisation de documentaires consacrés à des figures historiques, des peintres, des auteurs et autrices. Elle collabore régulièrement avec le Centre Georges Pompidou, le Musée d’Orsay et l’INA.
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