Le Musée Juif de Berlin – Entre les lignes

Le Musée Juif de Berlin – Entre les lignes

  • 27'
  • 2002
  • VF
Réalisation : Stan Neumann

Son : Susy Wehrli | Montage : Stan Neumann, Juliette Garcias | Image : Richard Copans | Commentaire : François Marthouret, Bruno Abraham Kremer | Production : Les Films d’Ici, ARTE France | Coproduction : Direction de l’Architecture et du Patrimoine, Centre Georges Pompidou

  • 27'
  • 2002
  • VF

Résumé

Visite du bâtiment surnommé le Blitz - l’éclair - par les Berlinois, et qui est aujourd’hui l’un des lieux les plus visités de la ville.

Avis

Le musée juif construit à Berlin pose d’emblée une question que l’architecture n’a pas l’habitude d’aborder : celle de ses propres limites. Comment l’architecture peut-elle construire là où tout a été détruit, comment peut-elle se confronter à l’histoire et surtout à cette histoire-là ? La réponse de Daniel Libeskind (dont ce fut le premier bâtiment construit) est à la fois littérale et secrète. Elle est littérale dans la forme extérieure du bâtiment, un geste expressionniste, un zigzag, une extraordinaire ligne brisée, qui plie tout son volume d’un bout à l’autre de la parcelle et qui incarne, pour l’architecte, toute la violence, toutes les cassures de l’histoire des Juives et des Juifs en Allemagne. Elle est secrète, car derrière ce geste plastique se cache un autre bâtiment, un bâtiment fantôme sur lequel celles et ceux qui le visitent ne cessent de buter sans jamais pouvoir le comprendre tout à fait, tout au long d’un parcours qui joue sur le déséquilibre et une perte physique des repères, déstabilisante jusqu’au malaise. Ce n’est pas une aimable promenade muséale mais un trajet aux allures d’épreuve, dont les jalons s’appellent 'La Tour de l’Holocauste', 'Les Jardin de l’Exil', 'Les Vides'. Ces Vides sont des tours de béton, totalement invisibles de l’extérieur, qui traversent le bâtiment sur toute sa hauteur. Il y en a six de formes différentes, elles ne contiennent rien, on n’y entre pas. Au sein du musée, habité par une collection qui évoque la longue histoire de la présence juive en Allemagne, elles incarnent la dernière figure du judaïsme allemand, celle de l’absence. Et le refus de toute nostalgie, de tout commentaire. Jamais aucun bâtiment n’a réussi à incarner à ce point la contradiction entre ce qui doit absolument être dit et ce qui ne peut jamais l’être. Stan Neumann glisse dans cet endroit hors du commun, où chaque angle, chaque mouvement, chaque ligne trouvent leur sens.

Daniel Libeskind °1946États-Unis
Architecte dont les parents, juifs d’origine polonaise, survécurent à la Shoah. Daniel Libeskind passe son adolescence en Israël puis étudie à la Cooper Union de New York. En 1988, il se lance dans la réalisation du Musée juif de Berlin, pendant près de dix ans. L’idée du bâtiment part d’une vision de deux lignes, l’une brisée et l’autre ouverte, qui symbolisent le tiraillement entre la destruction et l’espoir. C’est son projet pour le mémorial du World Trade Center qui est retenu. Il préserve les fondations, le Ground Zero, tandis que l’espoir et l’avenir sont représentés par une tour en flèche, le One World Trade Center. Basé à New York, Daniel Libeskind construit de Denver à Hong Kong en passant par la Belgique, où il achève le Centre de Congrès de Mons.
Stan Neumann °1949France
Après avoir étudié le cinéma de 1969 à 1972, Stan Neumann travaille comme chef monteur jusqu’en 1984. Il réalise plusieurs films dont 'Louvre, le temps d’un musée' (1993) et 'L’irrésistible construction du Musée de Picardie' (1994). Ses derniers films sont consacrés à l’architecture en général. Il dirige, avec Richard Copans, la série Architectures sur Arte et donne également des cours à La Fémis.
Rent Le Musée Juif de Berlin – Entre les lignes using the form