La vie en kit

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Un film d’Élodie Degavre (2022, 67′) – Prix du public au Brussels Art Film Festival 2022

À Bruxelles, le terme “Architecte” est une vieille insulte bien connue due aux mas­sacres pro­vo­qués par la bruxel­li­sa­tion. Au sor­tir de mai 68, cette mau­vaise répu­ta­tion natio­nale n’a pas empê­ché quatre audacieux.ses vision­naires Simone et Lucien Kroll, Paul Petit et Jean Englebert de se lan­cer dans le métier à leur manière. Leur point com­mun ? Impliquer les futurs habi­tants dans la concep­tion et dans la construc­tion de leur propre habi­ta­tion. À contre-cou­rant de l’image néga­tive que peut avoir le pré­fa­bri­qué, ils vont consi­dé­rer l’industrialisation comme un moyen de renouer des liens forts entre l’homme et son habi­tat. À l’aide d’archives stu­pé­fiantes et de la ren­contre de ces quatre vieux rêveur.ses, Élodie Degavre, elle-même archi­tecte, nous raconte un pan pas­sion­nant de l’histoire de l’ar­chi­tec­ture en Belgique et nous entraîne ain­si dans une aven­ture au poten­tiel révo­lu­tion­naire dont on devrait toutes et tous s’inspirer.

 

 

Un évé­ne­ment men­suel en col­la­bo­ra­tion avec Cinergie.be 

De Schaduwwerkers (Les travailleurs cachés)

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Un film d’Annelein Pompe (2021, 47′) – Prix SCAM du Brussels Art Film Festival 2022

À Gand, la Bonne-à-rien néer­lan­daise tra­vaille dans un maga­sin de miel. Elle aurait aimé sans doute mener la vie d’ar­tiste mais que vou­lez-vous ? Il faut bien man­ger et payer son loyer. La Bonne-à-rien néer­lan­daise a un ami de l’autre côté de la rue, Usman, un poète pakis­ta­nais colom­bo­phile. La nuit, à l’heure où les gens habi­tuel­le­ment dorment et les pigeons aus­si, Usman, lui, tra­vaille dans son night shop. Il y a aus­si Clara qui vit dans le rêve de la Bonne-à-rien néer­lan­daise, les experts omni­scients, Geert qui pho­to­gra­phie les yeux des pigeons et Francesco bien sûr, l’homme qui mur­mure à leurs oreilles. Toute cette his­toire, c’est un pigeon qui vous la racon­te­ra. Son nom, c’est Lukaku. Certes, Lukaku a la tête à l’envers et il n’a jamais pu voler mais il en sait long sur ces tra­vailleurs cachés que l’on appelle aus­si les artistes.

 

 

Un évé­ne­ment men­suel en col­la­bo­ra­tion avec Cinergie.be

Walter Hus, a musical journey

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Un film d’Astrid Mertens (2022, 17′)

Touche-à-tout arri­vé à la com­po­si­tion mal­gré lui comme il le raconte, Walter Hus n’est jamais là où on l’attend. À la fois com­po­si­teur de musique clas­sique et d’opéra, il a aus­si créé des œuvres avec des des­si­na­teurs, des écri­vains, des musi­ciens rock ou tech­no, des DJ ou des cho­ré­graphes, ne mépri­sant aucun art et ne fai­sant aucune hié­rar­chie entre eux. Le pro­jet d’un nou­veau “cyborg-opé­ra” l’amène ici à tra­vailler avec la cho­ré­graphe belge Isabella Soupart dans le cadre d’une rési­dence artis­tique. C’est l’occasion pour la réa­li­sa­trice de plon­ger dans les méandres des sou­ve­nirs – ici sym­bo­li­sés par des cou­loirs – et de par­tir dans un voyage musi­cal en com­pa­gnie de cet homme qui ne tient pas en place et semble avoir trois idées à la seconde, douze pro­jets par minute. Issu de la classe popu­laire, cet homme arri­vé à la musique par amour pour sa pro­fes­seure de pia­no raconte avant tout qu’elle s’inscrit dans le corps et est faite pour être vécue collectivement

By the throat

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C’est un mot, Schibboleh, dif­fi­ci­le­ment pro­non­çable, qui ser­vit de check­point dans la Bible pour recon­naître ses enne­mis. C’est une expres­sion qui désigne aujourd’­hui un signe ver­bal d’ap­par­te­nance. Avec By the Throat, et à tra­vers des exemples et des images cap­tés aux 4 coins du monde, Effi et Amir nous emmène à la décou­verte d’une fron­tière solide, et pour­tant invi­sible : celle qui défi­nit les sons que nous pou­vons émettre et les mots que nous pou­vons pro­non­cer. Un voyage trou­blant et pas­sion­nant au pays des pho­nèmes, du conti­nuum lin­guis­tique et de la dysphonie.

 

Un évé­ne­ment men­suel en col­la­bo­ra­tion avec Cinergie.be

Lettre à Nikola

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Pendant deux ans, Hara Kaminara aura été la pho­to­graphe de l’Aquarius, ce navire qui a sillon­né la Méditerranée pour por­ter secours aux embar­ca­tions fra­giles et bon­dées qui cherchent à rejoindre l’Europe en ris­quant tous les périls. Ce film poi­gnant sous le signe des vio­lences de notre monde ques­tionne ce que peut le docu­men­taire, car Lettre à Nikola est une réflexion pro­fonde et grave sur le pou­voir des images, sur ce que signi­fie aujourd’hui témoigner.

 

Un évé­ne­ment men­suel en col­la­bo­ra­tion avec Cinergie.be

Kinshasa Beta Mbonda

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Un film de Marie-Françoise Plissart (2019, 52′)

À Kinshasa, une dizaine d’an­ciens membres de gangs vio­lents ont for­mé un groupe de per­cus­sion­nistes, les Beta Mbonda. Ils jouent avec tout ce qui leur tombe sous la main et construisent entre eux une nou­velle fraternité.
Comme un écho à ses tra­vaux pho­to­gra­phiques réa­li­sés depuis de nom­breuses années en République Démocratique du Congo, Marie-Françoise Plissart signe un docu­men­taire à la fois vital et contem­pla­tif sur un dou­zaine d’an­ciens Kulunas, des délin­quants issus de gangs cri­mi­nels ins­tru­men­ta­li­sés par le pou­voir poli­tique et édic­tant leur loi à la popu­la­tion locale. Devenus aujourd’­hui musi­ciens du groupe les Beta Mbonda, ces gar­çons ont trans­for­mé leurs vies par la musique et ain­si scel­lé leur ami­tié. Entre petits bou­lots et impro­vi­sa­tions musi­cales, ils inventent des rythmes et chantent les dif­fi­cul­tés de la vie quo­ti­dienne avec un esprit de jeu aux appa­rences légères. Tel un chœur grec, à par­tir d’instruments tra­di­tion­nels ou d’objets banals, leurs chants résonnent dans l’espace de Kinshasa et se font l’écho d’une ville-Monde à la dérive. La réa­li­sa­trice offre des plans larges, des moments de rêve­ries aux sons des tam­bours, des petites scènes théâ­tra­li­sées qui apportent un déca­lage heu­reux face à la vio­lence socio-éco­no­mique décrite dans les chan­sons. Elle se tient à contre-cou­rant du cli­ché habi­tuel consis­tant à fil­mer Kinshasa à toute allure et dans le chaos. Sans aucun misé­ra­bi­lisme ni pathos, elle construit son film comme une sculp­ture qui racon­te­rait, par l’évidence de sa forme, la néces­si­té de construire ensemble, de prendre pos­ses­sion d’un espace et d’un temps qui devraient nous appar­te­nir. Un film inclas­sable, qui cha­loupe entre docu­men­taire et fic­tion, à l’endroit juste où le plai­sir de jouer rebon­dit sur celui de l’enregistrer.

 

Marceline, une femme, un siècle

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Un film de Cordelia Dvoràk (2018, 58′)

“Rouquine, juive, gau­chère, étran­gère.” Ce por­trait cro­qué en vitesse de Marceline Rozenberg, c’est elle-même qui nous l’offre : Marceline n’a jamais eu besoin des autres pour se défi­nir ou pour trou­ver sa place dans le monde. Née de parents juifs polo­nais immi­grés en France, res­ca­pée des camps nazis, cama­rade de dépor­ta­tion de Simone Veil, com­pagne du cinéaste Joris Ivens, Marceline Rozenberg va deve­nir Marceline Loridan-Ivens, et res­ter toute sa vie une femme libre, enga­gée ain­si qu’une cinéaste pas­sion­née. Car ce n’est pas au départ par l’écriture ou la parole publique qu’elle va rompre le silence sur sa dépor­ta­tion, mais par l’intermédiaire du ciné­ma, et plus spé­cia­le­ment dans un docu­men­taire de ciné­ma-véri­té signé Jean Rouch et Edgar Morin inti­tu­lé ‘Chroniques d’un été’. Si ‘Marceline une femme un siècle’ est, bien enten­du, le por­trait d’une artiste et d’une témoin majeure du 20e siècle, il est aus­si un film sur le ciné­ma et la sur­vie grâce à cet art. Le récit, agré­men­té d’archives fil­mées excep­tion­nelles, de pho­to­gra­phies inédites et du témoi­gnage de ses proches se nour­rit sur­tout de l’éner­gie et de la verve de cette femme alors âgée de 90 ans qui n’a rien per­du de son imper­ti­nence pour par­ler d’histoire, de poli­tique ou d’art. Ses films sur l’in­dé­pen­dance algé­rienne, la lutte pour l’in­dé­pen­dance viet­na­mienne ou encore de la Révolution cultu­relle en Chine res­te­ront les témoi­gnages de sa vision du monde et de la liber­té. Marceline Loridan-Ivens est morte en 2018.

Ex-voto

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Un film de Caroline D’hondt (2010, 52′)

Alfredo Vilchis est l’un des der­niers peintres mexi­cains d’ex-voto. Il per­pé­tue cette tra­di­tion consis­tant à peindre de petits tableaux offerts en remer­cie­ment à un saint ou une vierge pour son inter­ven­tion miraculeuse.Observatrice dis­crète de ce monde où pro­fane et divin tout à coup se ren­contrent, la réa­li­sa­trice ne cède ni au didac­tisme, ni aux pré­ju­gés. Avec res­pect et humi­li­té, pre­nant le temps qu’il faut, elle se fait, à l’image de son per­son­nage, la recen­seuse, la gla­neuse de la parole, avan­çant d’entretiens en entre­tiens, choi­sis pour leur force nar­ra­tive et leur puis­sance évo­ca­trice. Ainsi, Ex-voto se tient tout entier dans la chro­nique des bon­heurs et mal­heurs des petites gens, à l’écoute d’une parole archaïque, celle qui se chu­chote et se pleure et vient se dépo­ser dans l’espérance d’un monde meilleur, hors du monde.

 

I don’t belong anywhere : le cinéma de Chantal Akerman

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Un film de Marianne Lambert (2015, 67′)

Chantal Akerman nous fait remon­ter le fil de son par­cours nomade, de Bruxelles à Tel-Aviv, de Paris à New York. Se confron­tant à son public, elle ana­lyse ici le sens de son exis­tence comme de son œuvre et revient aux ori­gines de son lan­gage ciné­ma­to­gra­phique pour ten­ter une défi­ni­tion de ses par­tis pris esthétiques.