Charleroyal, le K. Szymkowicz

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Un film de Bernard Gillain (2015, 60′)

“Charleroyal, Charles des ténèbres, Charleston…”. C’est ain­si que Léo Ferré sur­nom­mait son ami Charles Szymkowicz dans les cor­res­pon­dances qu’il entre­te­nait avec lui. Ferré et Szymkowicz, deux artistes de la déme­sure. Deux uni­vers qui s’entremêlent. Deux per­son­nages “cul et che­mise”. Dans Szymkowicz il y a du Ferré dans l’air et inver­se­ment. L’un ne va pas sans l’autre. Dans leurs deux uni­vers, bouillonne un mag­ma de matières musi­cales, poé­tiques et pic­tu­rales. Du vol­can Szymkowicz jaillit une lave de cou­leurs et de per­son­nages qui inter­pellent. C’est une véri­table cou­lée en fusion qui dégou­line des toiles par­fois gigan­tesques de ce peintre hors normes. Charleroi est son cocon d’enfance et de vie d’artiste. La Pologne est son his­toire et celle de ses parents juifs polo­nais fuyant l’antisémitisme des années 30. L’Italie tos­cane est le ter­ri­toire de son ami­tié pro­fonde avec Ferré. Le film est une sorte d’autoportrait à la manière des peintres.

Jean Tinguely

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Un film d’Adrian Maben (1973, 45′)

Les machines enva­hissent tout, même le géné­rique. Jean Tinguely est là, avec son éner­gie débor­dante : fai­sant ses machines, par­lant de ses machines. Sur les chan­tiers, dans sa mai­son, dans son ate­lier, dans les villes et les musées où il les pose et les pro­pose. Il raconte des choses très per­son­nelles : l’éloge inat­ten­du de la cam­pagne, le trans­fert de son angoisse dans son tra­vail, sa soli­tude, la réti­cence extrême de ses parents, l’im­por­tance de Niki de Saint Phalle. Une chro­no­lo­gie fan­tai­siste s’établit avec beau­coup d’extraits de films, d’images d’archives, de pré­sen­ta­tion de son tra­vail : on passe de Marcel Duchamp à Yves Klein, de New York à Milan. Autour d’une belle inter­view cen­trale, des addi­tifs docu­men­taires, le tout nap­pé dans la musique oni­ri­co-méca­niste des Pink Floyd.

Le Miroir magique d’Aloyse | Bouche sans fond ouverte sur les horizons

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Séance avec deux films.

‘Le Miroir magique d’Aloyse’, un film de Florian Campiche (1967, 24’)

Rencontre avec Aloïse Corbaz, une des per­son­na­li­tés les plus impor­tantes de l’art brut. Tourné quelques années avant sa mort dans l’hô­pi­tal psy­chia­trique dans lequel elle est enfer­mée, ce docu­men­taire la montre au travail.

‘Bouche sans fond ouverte sur les hori­zons’, un film de Thierry Zéno (1981, 30’)

Le réa­li­sa­teur belge Thierry Zéno part à la ren­contre de Georges Moinet, schi­zo­phrène inter­né depuis quinze ans dans un hôpi­tal psy­chia­trique Devant la camé­ra, l’homme jus­qu’a­lors tota­le­ment muet retrouve la parole, montre ses des­sins, explique ses méthodes et ses visions.

Ysaÿe is not dead

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Un film de Marc Temmerman (2019, 55′)

Marc Ysaÿe, homme de radio et pas­sion­né de musique part à la ren­contre de son ancêtre Eugène Ysaÿe. Grâce aux per­sonnes ren­con­trées et aux lieux qu’il revi­site, l’arrière-grand-père reprend petit à petit vie dans la tête de son descendant.

Cobra

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Un film de Ole Roos (1975 – 52’)

Un film de ren­contre avec quelques cobristes – Pierre Alechinsky, Constant, Corneille, Carl Pedersen – et struc­tu­ré autour de l’histoire du mou­ve­ment racon­tée par Christian Dotremont. Depuis le mani­feste du 8 novembre 1948 et pas­sant par la défi­ni­tion de l’esprit CoBrA, la vie du groupe, les ren­contres de Bregenrod, le scan­dale de l’exposition du Stedelijk. Des docu­ments, des pho­tos, des tableaux, des ate­liers mais sur­tout l’extraordinaire pré­sence de Christian Dotremont avec son dis­cours, son humour. Un moment d’anthologie lou­foque : le com­men­taire d’un livre de pré­his­toire, illus­tré pour les enfants, qui sert à décrire les grands moments du mou­ve­ment. Le film s’ouvre et se ferme sur les images du 10 rue de la Paille, lieu fon­da­teur main­te­nant com­plè­te­ment déla­bré, il res­pecte la chro­no­lo­gie, et se construit à base d’interviews qui sont main­te­nant deve­nues d’exceptionnels documents.

Mitten : Anne Teresa de Keersmaeker

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Devant l’instrument, se tient, de face ou de côté, le musi­cien Jean-Guihen Queyras qui inter­prète les six suites pour vio­lon­celle de Johann-Sebastian Bach, un som­met de l’histoire de la musique occi­den­tale. Trois dan­seurs et deux dan­seuses (dont Anne Teresa De Keersmaeker elle-même) se suc­cèdent sur le pla­teau et donnent vie à cette sublime partition.

On a le temps pour nous

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Un film de Katia Léna Ndiaye (2018 – 62’)

Octobre 2014. Ce que per­sonne n’avait rêvé se pro­duit. Les Burkinabés débarquent paci­fi­que­ment celui qui se voyait pré­sident à vie, Blaise Compaoré. Le rap­peur Serge Bambara, dit Smokey, était par­mi les insur­gés. Il est aujourd’hui consi­dé­ré come l’un des arti­sans de ce chan­ge­ment poli­tique. On a le temps pour nous nous plonge dans le quo­ti­dien du rap­peur iconique.

Broken Art

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Un film de Nicolas Dedecker et Benoît Baudson (2019 – 52’)

L’artiste urbain Denis Meyers a trou­vé un ter­rain de jeu à la taille de son ambi­tion : l’ancien siège de la firme Solvay, à Bruxelles, soit une sur­face de près de 50 000 m² sur huit niveaux. Avant sa des­truc­tion pro­gram­mée, l’artiste a obte­nu l’autorisation d’investir le bâti­ment dans l’idée d’en faire une œuvre totale et impo­sante en noir et blanc : une occa­sion pour lui de se rendre visible et de digé­rer une dou­lou­reuse sépa­ra­tion. Les cinéastes Nicolas Dedecker et Benoît Baudson suivent au plus près toutes les étapes de ce pro­jet fou. Sur place, jours et par­fois nuits, Denis Meyer rem­plit les murs, à la bombe noire. Un entre­la­ce­ment poé­tique de des­sins et de textes issus de ses car­nets intimes qui viennent en épou­ser les moindres recoins. Du sol au pla­fond en pas­sant par les fenêtres, les esca­liers et les portes, l’artiste déverse les sen­ti­ments qui le tra­versent. Parallèlement, il s’a­gi­ra aus­si de faire venir du monde, d’in­vi­ter des célé­bri­tés, de faire du bruit afin que tout cela puisse ser­vir non seule­ment à se “gué­rir” mais éga­le­ment à pous­ser sa car­rière. Entre œuvre intime et opé­ra­tion mar­ke­ting réus­sie, le film se fraye un che­min dans un dédale laby­rin­thique aus­si bien phy­sique que psychique.

Séance Sarah Vanagt

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Little Figures

Trois sta­tues sur le Mont des Arts à Bruxelles : un roi, une reine et un valet médié­val. Trois pri­mo arri­vant à Bruxelles : un jeune phi­lip­pin, un réfu­gié rwan­dais et un jeune marocain.Trois sta­tues, trois enfants, une conver­sa­tion imaginaire….Dans Little Figures, Sarah Vanagt joue de sa pas­sion pour l’his­toire, la pers­pec­tive et l’en­ga­ge­ment social. Tournée au Kunstberg, le Mont des Arts, à Bruxelles, l’au­teur met en scène une his­toire dans laquelle des enfants émi­grés inventent une conver­sa­tion entre les trois sta­tues pré­sentes sur les lieux.

Divinitions

Des enfants de Bruxelles, d’Athènes et de Saraje-vo déploient des bandes trans­pa­rentes de rubans adhé­sifs dans les rues où ils gran­dissent. Lorsqu’ils les enlèvent, une sorte d’empreinte de la ville se des­sine : pous­sière, sable, embal­lages de bon­bons, insectes, verre, peluche… Un jour­nal ultra-réa­liste qui s’anime à tra­vers une vieille lan­terne magique. Toutes ces formes et ces images nous ren­seignent-elles déjà sur l’avenir ?