César

Artiste : César

César

  • 45'
  • 1992
  • VF
Réalisation : Marc Petitjean

Entretien : Bernard Blistène | Images : Olivier Petitjean | Lumière : Patrick Coutesse | Montage : Variety Moszynski | Son : Emmanuel Ughetto | Production : Terra Luna Films, Centre Georges Pompidou, France 3 Méditerranée, avec la participation du Ministère de la Culture et de la Francophonie, Délégation Arts Plastiques, DRAC Ile de rance, CNC, Procirep et le Musée de la ville de Marseille | Pays : France

  • 45'
  • 1992
  • VF

Résumé

Déambulation chapitrée dans les univers du sculpteur français César par la grâce d'une discussion entre l'artiste et Bernard Blistène.

Avis

Le film de Marc Petitjean, 'César', prend la forme d’une longue conversation décontractée entre deux hommes pour aborder le travail de ce sculpteur hors norme. Installés dans son atelier, face à face, Bernard Blistène et l’artiste entament une discussion qui va explorer toute l’œuvre de César. Quatre cartons "Fer", "Compressions", "Agrandissements" et "Expansions" viennent délimiter, dans cette balade en territoire césarien, les différents chemins explorés par l’artiste tout au long de sa carrière. Chaque moment est documenté de photographies ou d’extraits de films permettant de saisir l’artiste à l’œuvre dans chaque époque. La conversation leur fait remonter le temps, voyager dans les obsessions de César, circuler dans son travail. Et c’est surtout son rapport à la matière qui fait fil conducteur, son désir de "tenir les choses, les serrer et faire un parcours avec elles". César se livre ou s’amuse - tantôt avec simplicité tantôt malice - quand il tourne parfois autour du pot, refuse de répondre à certaines questions, embrouille un peu son interlocuteur. Et l’enfant qui tire la langue, derrière la barbe blanche, se dessine peu à peu derrière la figure de l’artiste imposant. La beauté du film de Petitjean est de nous faire entrer de plain-pied dans une intimité qui oublie - ou semble ignorer - la caméra. En filmant son corps en mouvement, son visage en gros plan, en captant des moments partagés, Marc Petitjean saisit avant tout un homme dans son rapport charnel et direct au réel qui l’entoure. Peu à peu, plus que le portrait d’un artiste, c’est le portrait d’un homme qui émerge à l’écran. Un homme qui passe par des métaphores culinaires pour parler de son art, qui exprime encore des doutes quant à son travail, qui continue à se demander ce qu’est un sculpteur, et qui retourne, d’une pirouette, dans son atelier, après avoir essayé divers couvre-chefs farfelus, tel un lutin farceur. Et l’on comprend, à travers cette déambulation passionnante dans la carrière de César, la popularité de cet artiste à l’accent chantant, farceur génial et artiste rabelaisien.

César 1921-1998France
Le fait d’être né à Marseille dans un milieu très modeste n’empêche pas César de monter à Paris pour suivre des cours aux Beaux-Arts. Il n’a pas les moyens de sculpter le marbre, alors il travaille le plâtre et le fer, des matériaux qu’il récupère dans les décharges. Il réalise ainsi ses premières sculptures, de tubes et de boulons, qu’il présente aux biennales de Venise et São Paulo. Il commence à expérimenter les compressions, notamment la voiture offerte par la vicomtesse de Noailles et que César renvoie compressée et plate comme une omelette. Défiant la société de consommation, il rejoint les Nouveaux Réalistes en 1961 et sa renommée s’accroit. Son œuvre s’achève sur des sculptures gigantesques, en forme de parties du corps humain, pouces et seins...
Marc Petitjean °1951France
Photographe, cinéaste et scénographe, Marc Petitjean enseigne également la vidéo à l'École des Arts Décoratifs de Paris. En 1975, il réalise son premier documentaire sur l’artiste américain Gordon Matta-Clark. Pendant plusieurs années, il continue à interroger l’art et la création avec des films sur Renzo Piano, César, les Beaux-Arts de Nancy, Nicolas Frize.
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