Les silences de Spilliaert

Artiste : Léon Spillaert

Les silences de Spilliaert

  • 52'
  • 2002
  • VF
Réalisation : Wilbur Leguebe

Scénario : Wilbur Leguebe, Serge Meurant | Images : Jean-Jacques Mathy, Daniel Lambert | Son : Jean-Claude Boulanger | Montage : Anne De Jaer | Musique : George van Dam | Productrice déléguée : Rosanne Van Haesebrouck | Production : To Do Today Productions, RTBF, ARTE Belgique, avec l’aide du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Communauté française de Belgique et des Télédistributeurs wallons

  • 52'
  • 2002
  • VF

Résumé

Entre présence et absence, le film cherche à cerner la personnalité énigmatique de Léon Spilliaert et à nouer un dialogue intime avec une œuvre mélancolique et hantée.

Avis

Le documentaire de Wilbur Leguebe, 'Les silences de Spilliaert', est loin d’être une simple biographie du peintre belge. S’il semble suivre une ligne chronologique, le film s’attarde longuement sur les premières années de sa vie, sa meilleure période, celle des années de doute et de repli, pour essayer de comprendre cette personnalité énigmatique. Pour approcher de plus près l’œuvre et l’artiste, trois voix nous guident. La première lit les écrits de Léon Spilliaert. À travers des lettres, des extraits de son journal, Spilliaert se livre, raconte son enfance, ses peurs et ses angoisses. La deuxième voix est celle d’un narrateur-ami qui, à la deuxième personne, interroge directement l’artiste et ses toiles et ainsi nous les rend plus proches. Enfin, une narratrice extérieure nous donne les éléments biographiques importants et le contexte de l’époque. Ces trois voix, qui ne cessent de s’entremêler, font écho à la dynamique des arabesques et des courbes que l’on retrouve dans les tableaux de l'artiste. La technique du morphing, utilisée dans le documentaire, transforme les contours, et crée un passage d’une toile à l’autre, d’une réalité à une autre. La vague se fait femme, l’escalier se fait tour, les lignes, qui deviennent presque liquides, sont épurées et poussées parfois jusqu’à l’abstraction. La caméra s’attarde sur les tableaux, les questionne, creuse le mystère qui reste, le plus souvent, irrésolu car, chez ce peintre, les figures demeurent obscures et anonymes, le jeu du clair-obscur échappe à toute logique, et le lieu est un lieu onirique jamais véritablement défini. Un documentaire dans l’intimité qui nous conduit à la lisière du fantastique, dans le territoire étrange et inquiétant de sa sensibilité.

Léon Spillaert 1881-1946Belgique
Ostende, fin 19e. C’est la cité balnéaire la plus mondaine d’Europe, le rendez-vous des princes. Mais au milieu des fêtes luxeuses et tapageuses, un peintre se pose en paradoxe : Léon Spilliaert. Seul, il traîne sa mélancolie nocturne dans les rues endormies et les plages désertées. Il peint le silence, celui d’une mer inquiétante où se noie sans bruit sa solitude. Si les paysages y sont presque toujours vides, un personnage apparaît quelquefois, qui hante le tableau dans une perspective s'étirant jusqu’à estomper le réel. Même ses autoportraits semblent tout droit sortis d’un cauchemar, un homme aux mains noueuses, le regard inquiétant, plongé dans une lourde angoisse existentielle.
Wilbur Leguebe °1951Belgique
Auteur, producteur et réalisateur, Wilbur Leguebe dirige le secteur des coproductions documentaires à la RTBF pendant dix ans. Il est l’auteur de l’essai 'La Société des bulles' (Vie Ouvrière, 1977), le producteur de 'Il a plu sur le grand paysage' de Jean-Jacques Andrien (2013) et le réalisateur du court-métrage 'Un tableau pour y vivre. Regards sur Paul Delvaux' (1998). Il réalise le documentaire 'Dossier B' (1995) d'après un scénario de Benoît Peeters et de François Schuiten.
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