Je suis sot, je suis fou, je suis méchant

Artiste : James Ensor

Je suis sot, je suis fou, je suis méchant

  • 52'
  • 1990
  • VF
Réalisation : Luc de Heusch

Scénario, commentaire : Luc de Heusch | Directeur de la photographie : Jean-Claude Neckelbrouck | Chef opérateur : Michel Baudour | Son : Jean-Claude Boulanger | Mixage : Gérard Rousseau | Montage : Suzanne Baron | Productrice : Kathleen de Bethune | Production : Simple Production, RTBF, BRT, La Sept

  • 52'
  • 1990
  • VF

Résumé

Construit autour des nombreux écrits du peintre, le film arpente quelques toiles pour dévoiler son univers à travers la voix off qui se raconte et quelques interviews.

Avis

Le peintre James Ensor ne quitta presque jamais son Ostende natale, "reine de la mer, déesse de la lumière blonde", ni le magasin de coquillages hérité de ses parents et qui inspira largement son œuvre. En 1949, le cinéaste-ethnologue Luc de Heusch décide de le filmer chez lui, dans sa maison, assis sous le célèbre tableau ‘L'Entrée du Christ à Bruxelles’, ce manifeste de l'art moderne, annonciateur de l'expressionnisme. L’octogénaire, devenu baron, en impose. En 1990, Luc de Heusch va se servir de ses images tournées quarante ans plus tôt et signer un film qui propose une approche originale, loin du biopic classique. Le monologue, dit par le comédien Jacques Dufilho, qui fournit la trame dramatique au film est emprunté directement aux ‘Écrits du peintre’. On y entend des propos acerbes qui répondent aux attaques de celles et ceux qui l’accusent d’être fou, sot et méchant... Il leur lance des flèches. Éclatent son amertume, sa misogynie, son désespoir sur le ton du cynisme et de l'humour noir. Illustré par des peintures, gravures, photos et archives filmées, le film montre le cinéaste Henri Storck qui eut l’occasion de filmer Ensor à plusieurs reprises et contribue à parfaire la découverte de l’univers pictural et mental de l’artiste.

James Ensor 1860-1949Belgique
C'est très jeune que James Ensor commence à peindre. Sa mère tient un magasin de souvenirs, masques et coquillages à Ostende, ville qu’il ne quittera jamais longtemps. Bien qu'effaré par l’académisme de ses contemporains, il rejoint le cercle d’Octave Maus, le Groupe des Vingt, dont il est presque exclu à cause de 'L’Entrée du Christ à Bruxelles'. Mais les intellectuels plus clairvoyants de La Libre Esthétique persistent à exposer ses toiles et James Ensor est libre de préciser son esthétique, tout en masques et en squelettes. Il réalise sa première eau forte, la série de dessins ‘Les auréoles du Christ ou les sensibilités de la lumière’ et entame un cycle exceptionnel de gravures. James Ensor ne sera reconnu que tardivement et c'est anobli qu'il décide d'abandonner la peinture pour s'en retourner à Ostende, où il passe ses dernières années.
Luc de Heusch 1927-2012Belgique
Cinéaste, ethnologue, écrivain, professeur à l’Université Libre de Bruxelles et à l'École des Hautes Études, ami de Jean Rouch et de Germaine Dieterlen, Luc de Heusch a publié des ouvrages sur les mythes et la royauté en Afrique qui font autorité. CoBrA l'ouvrira à la peinture, Henri Storck au cinéma. Il a tourné de nombreux films en Afrique, ainsi que des films sur des artistes belges. La fiction ne le tentera qu’une fois avec 'Jeudi on chantera comme dimanche' qu'il tourne en 1967.
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