Mavambu !

Artiste : Freddy Tsimba

Mavambu !

  • 26'
  • 2011
  • VF

Images : Viny Mpela, Guy Kabeya, Clarisse Muvuba, Sylvain Winance | Montage : Rosine Mbakam | Son : Alexandre Davidson | Production : Africalia, Ti Suka, Kabola Film, avec le soutien de la Délégation Wallonie Bruxelles à Kinshasa, la Vénerie et Tse Tse Art Gallery | Pays : Belgique, République Démocratique du Congo

  • 26'
  • 2011
  • VF

Résumé

Freddy Tsimba a construit son œuvre en glanant les balles laissées par les guerres qui ont déchiré son pays, la République démocratique du Congo. Il a donné corps aux figures fantomatiques que ces armes ont décimées.

Avis

Après quelques images qui récapitulent la notoriété internationale de Freddy Tsimba, 'Mavambu !' s’ouvre sur une question : pourquoi n’est-il pas connu dans son pays ? Qu’est-il pour celles et ceux qui l’entourent ? "Un grand artiste, magicien, sorcier, fou" ? Un "ermite"... pour lui-même, en tous cas. Face caméra, sur fond noir, en plan rapproché, Freddy Tsimba se livre et se raconte, tranquillement, chronologiquement, dévidant peu à peu les fils qui ont tissé son œuvre. Sa voix glisse en off sur Kinshasa aujourd’hui, le saisissant dans son environnement, son quotidien, sa famille, son travail, ses gestes. Parfois un peu illustratif, ce procédé très simple semble faire surgir les images directement du récit intime de Freddy Tsimba, leur donnant parfois le statut de l’invocation. Et, se déploie peu à peu sa vision poétique à l’origine d' œuvres monumentales, faites de douilles de cartouches récoltées dans son pays, de bouts d’armes de guerre, de ferrailles mortelles. Sony Labou Tansi écrivait : "En Afrique, l’art commence partout et l’on ne sait jamais où il se termine." Tsimba en est un exemple parfait. Il a construit son œuvre en découvrant l’art de forger dans la rue, en y glanant sa matière, mais surtout en donnant corps, à travers des restes de guerre, aux figures désormais fantomatiques que ces armes ont décimées. "C’est la rue qui m’a donné les clés de cette œuvre, je n’ai fait que ramasser ce qui s’y trouvait." Simple et modeste comme l’artiste qu’il s’emploie à filmer, le film réussit à saisir la portée visionnaire et poétique de son regard, habité par la tragédie, hanté de fantômes aux bouches cousues qu’il fait vivre.

Freddy Tsimba °1967République Démocratique du Congo
Formé à l’Académie des Beaux-Arts en sculpture monumentale, Freddy Tsimba arpente les lieux de vie et de mort du Congo pour y glaner les ferrailles qui forment les matériaux de son art. "J’ai récupéré dix mille cartouches dans des zones difficiles mais combien en reste-t-il ? Des tonnes ! Et elles sont porteuses de l’histoire tragique de mon pays." Freddy Tsimba participe à de nombreuses expositions internationales et fait évoluer son art au fil de son parcours, travaillant à souder entre elles des douilles et des morceaux d’armes de guerre pour réaliser ses sculptures. Dès lors, ce sont ces objets inertes, instruments de mort, qui donnent corps à ses personnages, témoignage des guerres passées et présentes.
Rosine Mbakam °1980Cameroun
Réalisatrice, monteuse, scénariste et productrice camerounaise installée à Bruxelles, Rosine Mbakam signe son premier court-métrage en 2009, alors qu'elle est encore étudiante à l'INSAS. Elle a depuis réalisé plusieurs longs-métrages. Filmé dans le salon de coiffure d'une immigrée camerounaise dans le quartier bruxellois de Matonge, 'Chez Jolie Coiffure' a remporté de nombreux prix en festival.
Mirko Popovitch °1948Belgique
D’origine Yougoslave, Mirko Popovitch a de nombreuses passions, le cinéma, l’Afrique, la musique et l’écriture. Il réalise des centaines de reportages culturels pour le magazine télé Espace francophone, lance et préside la Zinneke Parade à Bruxelles, dirige successivement le Centre culturel de Watermael-Boitsfort et Africalia (jusqu'en 2013). Il est réalisateur de courts-métrages et de documentaires dont 'Le Temps des Cerises' et 'Tango Ya Ba Wendo'.
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