André Markowicz, la voix d’un traducteur

Artistes évoqués :
Fiodor Dostoïevski

André Markowicz, la voix d’un traducteur

  • 53'
  • 1999
  • VF
Réalisation : Anne-Marie Rocher

Scénario : Anne-Marie Rocher, Richard-Max Tremblay | Image : Yves Koslosky | Son : Chantal Rhéaume | Montage : Pierre Viau | Musique : Jean Derome |
Production : Testa | Pays : Canada

  • 53'
  • 1999
  • VF

Résumé

André Markowicz a révolutionné le monde des lettres en proposant une nouvelle traduction de l'œuvre de l'écrivain russe Dostoïevski. Rencontre avec un homme passionné et passionnant.

Avis

Sur la couverture d’un livre, le nom de la personne qui traduit est une information qui n’est pas déterminante. On achète un nom connu et pour le reste, on se fie au sérieux de la maison d'édition. André Markowicz lui, est arrivé à imposer son nom à côté de celui de Dostoïevski, dont il s’était promis de retraduire toute l’œuvre en dix ans : pari tenu. Cette revisitation de l’écrivain russe, violente, heurtée, n’essayant en rien de rendre lisses les rugosités, de gommer les répétitions, a éclaté comme un coup de tonnerre dans le Landerneau des lettres. "Je ne veux pas rendre français l’étranger, mais permettre au français d’accueillir l’étranger." Il parle, il s’explique, habité par son travail, analysant ce qui caractérise la langue de Dostoïevski. Inspiré et heureux. Modeste aussi, car il connaît la somme de doutes, de recherches, d’illuminations qu’il a traversée et qu’il partage avec sa compagne Françoise Morvan, traductrice d'Anton Tchékhov... Couple soudé par un travail qui amène d’interminables et fertiles discussions, dans une complémentarité stimulante. Mais leur complicité ne s’arrête pas là. Françoise Morvan est bretonne, et voilà que l’insatiable Markowicz fait venir des poètes russes contemporains pour les transcrire en breton, qu’il se transforme en éditeur trilingue de la poétesse Anna Akhmatova, qu’il court au Québec pour qu’un poème celtique soit transposé en amérindien. Devant un homme aussi passionnant, plein de bruit et de fureur des langues, qui lie sa perception des mots et des phrases à la sensibilité actuelle - on l’appelle le "rappeur de la traduction" - le cinéaste propose un regard où l’intérêt du sujet, sa nouveauté prend le pas sur une réalisation d’une tonalité classique.

André Markowicz °1960France
Traducteur et poète, né d’une mère russe et d’un père français, sa terre est celle de la littérature. Alors étudiant, André Markowicz convainc le directeur d’Actes Sud, Hubert Nyssen, de le laisser traduire Dostoïevski. Selon lui, les traductions originales font fausse route. Pourquoi ? Parce "Dostoïevski détestait l'élégance, en particulier celle des Français. Il écrivait avec véhémence, sans se soucier de la syntaxe ni des répétitions." Il s’attaque ensuite à Pouchkine et Gogol, mais aussi aux pièces de Tchékhov. Son approche dépoussiérante de la traduction fait de lui la coqueluche des metteurs en scène, une figure du monde théâtral. Entre 2003 et 2015, André Markowicz traduit l'intégralité des œuvres de Shakespare.
Anne-Marie Rocher Canada
Cinéaste et productrice, Anne-Marie Rocher a produit et réalisé plusieurs documentaires. Citons 'Gugging' (1996) qui porte sur un groupe d'artistes autrichiens, 'André Markowicz, la voix d'un traducteur' (1999) ou 'Le théâtre de mes dix ans' (2006).
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