Daniel Buren

Artiste : Daniel Buren
Artistes évoqués :
Guy Tortosa

Daniel Buren

  • 52'
  • 2000
  • VF
Réalisation : Camile Guichard

Entretien : Guy Tortosa | Images : Stéphane Sigentz-Gumuschain, Camille Guichard | Son et mixage : Raoul Fruhauf | Montage : Michel Bouchot
Production : Terra Luna Films, La Cinquième, Centre Georges Pompidou, avec la participation du Ministère des Affaires Étrangères, du Ministère de la Culture et de la Communication, Délégation Arts Plastiques, et du CNC | Pays : France

  • 52'
  • 2000
  • VF

Résumé

Autour d'un long entretien entre le sculpteur Daniel Buren et le critique d'art Guy Tortosa et de leur déambulation dans les expositions de l'artiste, Camille Guichard revient éclairer les démarches militantes d'un artiste célèbre mais finalement plutôt méconnu.

Avis

Avec ce portrait de Daniel Buren, Camille Guichard réalise un véritable exploit : rendre intelligible et accessible l’œuvre infiniment riche et complexe de Daniel Buren. Si Daniel Buren a fait couler beaucoup d’encre et créé beaucoup de polémiques, sa voix, elle, est restée peu entendue, et sans doute peu écoutée. Avec grâce et discrétion, Camille Guichard s’emploie donc à lui rendre la parole. Son film prend la forme d’un entretien-fleuve avec le critique d’art Guy Tortosa, et alterne une conversation statique sous une verrière qui découpe l’horizon verdoyant en lignes bureniennes et des déambulations dans les musées où sont exposées les œuvres de l’artiste. Les deux hommes s’entretiennent de son travail et remontent son parcours, depuis ses premières peintures jusqu’aux cabanes éclatées, en y révélant toujours les mêmes obsessions, des affichages sauvages aux mises en scènes monumentales : mettre l’art dans la vie et le monde, questionner l’autonomie de l’objet artistique, rendre au public la souplesse de son regard et sa liberté de penser. Chaque moment de ce parcours artistique est illustré de photographies ou d’extraits de films et permet à Buren de revenir sur différents concepts qu’il a élaborés au fil d’une évolution extrêmement cohérente dans sa radicalité politique. Cet art in situ qui tourne très ironiquement le dos aux musées, le cinéaste nous le fait éprouver à travers une caméra glissante qui s’immerge dans les espaces architecturaux que Buren a conceptualisés pour nous en faire sentir toute la complexité. Le regard bascule, perd ses repères dans ce monde découpé de lignes, où s’immisce alors une inquiétante étrangeté, que la musique à cordes stridente de la bande son vient renforcer. Cette "sensation spatiale", cette "expérience active", cette volonté d’éclater la vision pour mieux la libérer, c’est précisément la quête entêtée de Daniel Buren, une quête d’une incroyable ténacité, d’une précision rigoureuse, et finalement, d’une grande générosité.

Daniel Buren °1938France
Le vocabulaire de Daniel Buren se compose de bandes verticales de 8,7cm de largeur, alternant le blanc et le noir et répétant à l’infini ces rayures, sur tous les supports. En 1966, il rejoint le groupe BMPT, dont les membres sont liés par une pratique commune de la répétition systématique d’un même motif. Pour l'artiste plasticien c’est l’occasion d’explorer non seulement les limites de la peinture mais également les frontières politiques et sociales de l’art, ses installations deviennent des critiques mordantes des institutions artistiques. Depuis les années 1990, Daniel Buren travaille à des dispositifs architecturaux de plus en plus complexes qui multiplient les couleurs, intégrées à l’espace sous forme de filtres, plaques de verres ou plexiglas colorés, miroirs.
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